Le Congrès américain a approuvé, dans la nuit du vendredi 20 au samedi 21 décembre, un accord pour éviter le fameux shutdown, synonyme de paralysie budgétaire. Ce faisant, les élus, dont certains du camp républicain, ont infligé un pied-de-nez inattendu au président-élu ainsi qu’à sa nouvelle éminence grise, Elon Musk.Donald Trump a appris à ses dépens que son futur mandat présidentiel ne sera peut-être pas aussi « massif » qu'il le revendique. À trente jours de son investiture, le revenant de la politique américaine a encaissé un camouflet de la part du Congrès, d'autant plus remarquable qu'il se l'est vu infliger par son propre camp : samedi matin, peu après minuit, le Sénat a adopté un projet de loi de finances permettant d'éviter une paralysie partielle du gouvernement, le fameux shutdown.
L'État fédéral et ses trois millions de fonctionnaires peuvent désormais souffler jusqu'au 14 mars prochain, sans craindre une mise en chômage technique ou une interruption des services essentiels de la fonction publique, comme l'ouverture des crèches publiques ou le paiement des pensions de millions de personnes âgées.
Le spectre d'une telle paralysie n'avait pourtant pas dissuadé Donald Trump et sa nouvelle éminence grise, Elon Musk, de torpiller le processus législatif. Le 18 décembre, alors que le Congrès s'acheminait paisiblement vers l'adoption d'un accord de compromis bipartisan négocié depuis des semaines sous la houlette du speaker républicain de la Chambre, Mike Johnson, Elon Musk, bientôt imité par Donald Trump et son colistier, J.D. Vance, avait soudain tiré à boulets rouges sur le texte de 1500 pages.
Le milliardaire dénonçait via son réseau X (ex-Twitter) une gabegie abominable à ses yeux. « Cette loi ne doit pas passer », martelait le nouvel homme fort de la galaxie Trump, fondateur de Tesla et SpaceX, futur président d'une commission inédite sur la régulation et la réduction des dépenses publiques (DOGE). Il jugeait même le texte « criminel » et « fou ». Pêle-mêle, il rejette les mesures allouant plus de 100 milliards de dollars d'aide pour la prévention des catastrophes naturelles, 30 milliards pour les subventions agricoles et le financement des programmes d'assurance-maladie de l'ère Obama (Medicare et Medicaid).
Maurin Picard, correspondant à New York (Etats-Unis)