REPORTAGE — Les menaces d’escalade tarifaire de Trump inquiètent le marché américain, d’autant que les contours de ces hausses de taxes restent incertains.La « libération » est proche : mercredi, les États-Unis de Donald Trump dégaineront des droits de douane tous azimuts, entretenant un savant suspense sur leur nature exacte et leur portée. Dans le rôle du shérif défiant ses ennemis au sortir du saloon, le président américain laisse planer un flou artistique sur ses premières « victimes » et sur la dose de plomb qu'il leur réserve.
Scott Bessent, le secrétaire au Trésor, a identifié les « Dirty 15 » (« 15 salopards »), ce groupement de pays coupables de déséquilibrer la balance commerciale américaine avec leurs propres barrières douanières, leur TVA, et susceptibles de se voir infliger des sanctions tarifaires réciproques. Parmi eux, l'Union européenne, l'Inde, le Canada, la Chine et le Mexique.
Les trois derniers ont déjà encaissé une première salve tarifaire le 2 février, avec par exemple une hausse de 25 % sur les importations des produits canadiens, notamment l'aluminium et l'acier, et une autre limitée à 10 % sur les biens énergétiques. Des « taxes secondaires » sont également attendues : elles frapperont les pays achetant le gaz et le pétrole vénézuéliens, notamment la Chine.
Quid pro quo et incertitude
« C'est très excitant », a déclaré le chef de l'État américain, tout en ignorant la dégringolade des marchés boursiers face à cette guerre commerciale aux contours mal définis. Des secteurs (automobile, semi-conducteurs, médicaments) seront-ils épargnés ? Certains pays verront-ils leur facture allégée, pour peu qu'ils s'ouvrent aux exportations américaines ou acceptent de coopérer dans la lutte contre l'immigration clandestine, le terrorisme et le trafic de drogue ?