En Biélorussie, un dangereux face-à-face entre la Russie et l'Otan
Kilian Bigogne, correspondant à Varsovie (Pologne)
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Cette image, diffusée par le ministère russe de la Défense le 13 septembre 2021, montre les exercices militaires conjoints « Zapad-2021 » des forces armées de la Fédération de Russie et de la République de Biélorussie sur la base militaire de Mulino,...
Moscou et Minsk vont mener des exercices militaires en Biélorussie, les premiers depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie. En Pologne, 34.000 soldats de l’Alliance participent à des manœuvres concurrentes.
La Russie et la Biélorussie vont de nouveau faire trembler les frontières de l'Otan. À partir de vendredi et jusqu'au 16 septembre, les deux pays organisent les exercices militaires Zapad-2025 (« Ouest 2025 »), qui se déroulent tous les quatre ans depuis 2009 en territoire biélorusse.
Ces manœuvres suscitent l'inquiétude des pays membres de l'Alliance atlantique, en particulier des États frontaliers comme la Pologne et les pays Baltes. Non sans raison. Les derniers exercices du genre, en 2021, avaient été le prélude à l'invasion russe de l'Ukraine quelques mois plus tard.
« Nous devons être prêts à d'éventuelles provocations, sabotages et agressions potentielles », a prévenu à la mi-août Wieslaw Kukula, le chef d'état-major général de l'armée polonaise. De son côté, le ministre biélorusse de la Défense, Viktor Khrenine, a affirmé que Minsk et Moscou ne pouvaient « rester passifs face à la militarisation [...] de [leurs] frontières nord et ouest ».
Flou stratégique
Faut-il réellement s'inquiéter d'une nouvelle escalade ? « Il n'y a pratiquement aucun risque d'attaque pour le moment », tempère Anna Maria Dyner, spécialiste de la politique de sécurité russe à l'Institut polonais des affaires internationales (PISM). D'autant que Moscou comme Minsk ont revu leur projet à la baisse.
Dans un premier temps, la Biélorussie a annoncé le déploiement de 13 .000 soldats, bien loin des 200 .000 qui avaient été mobilisés il y a quatre ans. Avant de ramener leur nombre à 8. 000. Même si elle entretient le flou sur cette question, l'armée russe pourrait n'envoyer que 2 .000 hommes sur le sol biélorusse.
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Décision a aussi été prise de déplacer les zones d'entraînement, initialement prévues plus près des frontières de l'Otan. « Ce changement a été présenté comme un geste de bonne volonté, reprend l'experte du PISM. Mais d'un point de vue militaire, cela n'a pas vraiment d'importance. »
Kilian Bigogne, correspondant à Varsovie (Pologne)