Purger malentendus et désaccords pour repartir du bon pied. Tout vieux couple qui traverse une crise existentielle a un jour imaginé cette remise à plat. Soixante-deux ans après le traité de l'Élysée et six après celui d'Aix-la-Chapelle, le duo franco-allemand en est aussi là. À Paris, on espère donc que l'arrivée de Friedrich Merz à la chancellerie — il sera officiellement investi mardi — sera l'occasion d'un « nouveau départ » dans les relations entre les deux pays.
Signe que le conservateur semble sur la même ligne : mercredi, c'est à la France qu'il consacrera sa première visite à l'étranger. Il retrouvera Emmanuel Macron à l'Élysée pour un premier rendez-vous de travail. « Dans un contexte où l'Europe fait face à de graves défis, Merz est attendu comme jamais un chancelier allemand ne l'a été avant lui », s'enthousiasme l'ancien commissaire européen Thierry Breton.
Le patron de la CDU est d'autant plus désiré à Paris que la « bromance » avec son prédécesseur, Olaf Scholz, n'a jamais eu lieu. « Sans être mauvaises, ses relations personnelles avec Emmanuel Macron n'étaient pas au mieux, affirme Paul Maurice, le secrétaire général du Comité d'études des relations franco-allemandes (Cerfa). Cela a engendré des frustrations chez les Français, qui en attendaient beaucoup. » La députée européenne Nathalie Loiseau acquiesce : « Le couple franco-allemand a été décevant. Il a été difficile de trouver des accords avec Scholz, qui a peiné à prendre un virage européen. »