L’Allemagne en quête d’un nouveau modèle économique
Marie-Pierre Gröndahl
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À Duisburg, Thyssenkrupp prévoit de supprimer 11.000 emplois sur son site sidérurgique.
LTD/Jochen Tack/IMAGO via Reuters
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À Duisburg, Thyssenkrupp prévoit de supprimer 11.000 emplois sur son site sidérurgique.
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Allemagne, année zéro. L'ancien « moteur économique de l'Europe » est à l'arrêt après deux années consécutives de récession. Une première depuis 1951. Le 16 décembre dernier, le chancelier Olaf Scholz perdait un vote de confiance au Parlement, quand le PIB du pays enregistrait un second recul, à -0,2 %, après une baisse de 0,3 % en 2023 et une stagnation depuis 2019. Soit le pire résultat de la zone euro. Ce déclin pourrait se poursuivre car, après des années d'aveuglement politique des dirigeants successifs et le choc que fut l'invasion de l'Ukraine par la Russie, les principaux piliers du modèle national ont vacillé.
Si Washington confirme les menaces de Donald Trump de faire passer à 25 % les droits de douane sur les produits européens, les entreprises outre-Rhin pourraient subir un nouveau choc dévastateur, puisque les États-Unis constituent le premier marché à l'export. « Le revirement américain représenterait un risque significatif pour l'économie allemande », avait averti dès le 17 février Joachim Nagel, président de la Bundesbank, la banque centrale.
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« L'Allemagne avait sous-traité sa sécurité militaire aux États-Unis, son approvisionnement énergétique à la Russie et ses exportations à la Chine, ironise Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Ostrum Asset Management. Le pays n'a cultivé pendant longtemps qu'une dimension mercantile, avec comme devise "tant qu'on vend, tout va bien". D'où une dépendance considérable au commerce extérieur, puisque les exportations représentent la moitié du PIB, aux dépens de la consommation domestique. »
Marie-Pierre Gröndahl