Les dirigeants français, allemand, britannique et polonais étaient hier à Kiev. Ils proposent une trêve de trente jours à partir de demain. Et menace la Russie de lourdes sanctions en cas de refus.« Merci beaucoup d'être venus. » Il est un peu plus de 8 heures ce samedi 10 mai à Kiev et l'émotion semble déjà avoir gagné Volodymyr Zelensky. À Maïdan, le président ukrainien accueille, avec son épouse, les quatre dirigeants qui comptent en Europe : le Premier ministre britannique, Keir Starmer, le nouveau chancelier allemand, Friedrich Merz, le Premier ministre polonais, Donald Tusk, et Emmanuel Macron.
Ces quelques mots glissés, les cinq hommes se recueillent alors que la fanfare entame une musique. Puis, chacun leur tour, ils déposent une bougie au pied du mémorial érigé en mémoire des soldats tombés au front. Indéniablement, cette cérémonie restera l'une des images fortes de ce déplacement historique.
Jusqu'au bout, ce voyage avait été gardé confidentiel pour des raisons de sécurité évidentes. Il a débuté à 21 heures, le 9 mai à la gare de Przemysl, dans l'Est polonais, où Macron, Keir Starmer et Friedrich Merz ont embarqué dans un train direction Kiev, Donald Tusk empruntant un autre train. Très vite, le nouvel homme fort de Berlin s'est déplacé dans le wagon de tête occupé par le chef de l'État français. Les deux hommes ont ainsi eu une heure de tête‑à-tête avant d'être rejoints par le chef du gouvernement britannique. Les trois dirigeants se sont séparés vers 23 heures. Moins de huit heures plus tard, ils se retrouvaient sur le quai de la gare centrale de Kiev.
Difficile de ne pas voir ce happening européen - une visite d'une telle ampleur n'avait pas eu lieu depuis juin 2022 - comme une réplique aux cérémonies organisées le 9 mai à Moscou pour le 80e anniversaire de la victoire soviétique sur l'Allemagne nazie. À la présence sur la place Rouge de Xi Jinping, de Lula et d'une quinzaine de leaders internationaux, les alliés de Kiev répliquent donc avec ce coup de communication politique.
Thierry Arnaud, envoyé spécial à Kiev - Avec Antoine Malo