Le conservateur Friedrich Merz, élu chancelier au deuxième tour, apparaît fragilisé au terme de deux tours de scrutin historiques au Bundestag. Jamais, dans l'histoire des institutions allemandes, un chancelier désigné n'avait échoué face aux députés après des élections fédérales et des négociations de coalition réussies.L'élection devait être une simple formalité. Friedrich Merz avait invité sa famille, femme et enfants, présents dès 9 heures dans la tribune qui surplombe l'hémicycle du Bundestag. L'ex-chancelière Angela Merkel, qui avait écarté Friedrich Merz du pouvoir au début des années 2000, saluait courtoisement ses voisins. L'astronaute Alexander Gerst, également en tribune, figurait parmi les invités VIP du Bundestag.
Le vote à bulletins secrets et par appel nominal a débuté à 9 heures 30 : un défilé de 630 députés, appelés dans des isoloirs installés dans le lobby du Bundestag. Parmi eux, des personnalités reconnues : Olaf Scholz, chancelier sortant désormais élu au Bundestag, l'ex-ministre des Affaires étrangères Annalena Baerbock, l'ex-ministre de l'Intérieur Nancy Faeser, l'ex-vice chancelier et ministre de l'Economie et du Climat Robert Habeck.
Vers dix heures, l'annonce du résultat a pris une tournure inattendue. "621 bulletins exprimés. 310 voix pour, 307 voix contre, un nul et trois abstentions", a détaillé Julia Klöckner, présidente (CDU) du Bundestag. La CDU/CSU (208 députés) et le SPD (120 députés), partenaires de la nouvelle coalition gouvernementale, disposaient ensemble de 328 mandats. Douze de plus que ce qui était nécessaire, en théorie, pour atteindre la majorité requise de 316 voix.
Jamais encore, dans l'histoire du Bundestag, un chancelier désigné n'avait échoué dans une élection au Bundestag après des élections fédérales et des négociations de coalition réussies.