Droits de douane : Trump en quête d'un accord commercial avec Londres
latribune.fr
« Je pense qu’il y a de fortes chances qu’entre deux grands pays amis, nous puissions conclure un véritable accord commercial », a déclaré Donald Trump à l’issue de sa rencontre, jeudi, avec le Premier ministre britannique Keir Starmer.
Le président américain a dit entrevoir un accord commercial avec la Grande-Bretagne qui éviterait au pays de subir des droits de douane américains.
Le président américain Donald Trump a déclaré jeudi que les États-Unis et le Royaume-Uni allaient conclure un « très bon accord commercial » qui pourrait permettre à Londres d'échapper à de nouveaux droits de douane.
« Je pense qu'il y a de fortes chances qu'entre deux grands pays amis, nous puissions conclure un véritable accord commercial dans lequel les droits de douane ne seraient pas nécessaires », a-t-il poursuivi.
À l'issue d'un entretien avec Keir Starmer à la Maison-Blanche jeudi, Donald Trump a été interrogé pour savoir si le Premier ministre travailliste avait réussi à le convaincre d'épargner les exportations britanniques. « Il a essayé ! (...) Il a travaillé dur », a répondu le président américain, déclenchant des rires y compris chez le Premier ministre. « Il a mérité son salaire », a-t-il ajouté, se disant « réceptif » à ces efforts.
« Notre relation commerciale n'est pas seulement forte, elle est aussi juste, équilibrée et réciproque », a déclaré de son côté Keir Starmer. Le gouvernement travailliste, aux affaires depuis juillet, tente de nouer de bonnes relations avec l'équipe de Donald Trump, en dépit de nombreuses divergences. Londres espère éviter le sort réservé à d'autres partenaires économiques majeurs des États-Unis, y compris l'Union européenne (UE) dont le Royaume-Uni est sorti il y a cinq ans.
Multiplication de droits de douane
Depuis son investiture, Donald Trump a annoncé une série de nouveaux droits de douane sur les produits entrant aux États-Unis, en dénonçant l'« injustice » des relations commerciales entre la première puissance mondiale et le reste du monde, alors que le pays importe plus qu'il n'exporte.
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Il a déjà relevé de 10 % ceux sur les produits chinois, promis 25 % pour ceux en provenance du Canada et du Mexique, cible aussi des blocs comme l'Union européenne (UE) et des secteurs spécifiques comme l'acier, l'aluminium, les automobiles, ou les médicaments. Jeudi, il a annoncé que les taxes sur les importations chinoises seraient encore plus élevées à compter du 4 mars, et que les droits de douane promis au Canada et au Mexique entreraient également en vigueur à cette date.
Le président accuse les trois pays de favoriser l'entrée du fentanyl aux États-Unis, ses voisins qui ne sécurisent pas assez la frontière selon lui, et la Chine qui héberge la production de précurseurs chimiques de cet opioïde de synthèse qui fait des ravages sur le sol américain.
Menaces de contre-mesures
Mais les attaques de Trump sont suivies de ripostes. Ce vendredi, un porte-parole du ministère chinois du Commerce a affirmé que « la pression, la coercition et les menaces ne sont pas la bonne façon de traiter avec la Chine. Le respect mutuel est le principe de base ». Avant d'ajouter que « si les États-Unis s'obstinent à aller dans cette voie, la Chine prendra toutes les contre-mesures nécessaires pour défendre ses droits et intérêts légitimes ».
Quant à l'Union européenne, le ministre français de l'Économie Eric Lombard a annoncé, jeudi que l'UE devra répliquer pour « protéger nos intérêts » et « même si c'est défavorable à l'intérêt général ».
Et ces remous dans les relations commerciales des géants économiques inquiètent de plus en plus. « Ces droits de douane, s'ils étaient maintenus, impliqueraient un ralentissement significatif de la croissance aux États-Unis et en Chine, et très certainement aussi au Mexique et au Canada », prévient Michael Wan, de la banque MUFG. En conséquence, l'indice américain S&P 500 a chuté de plus de 4 % en une semaine quand l'indice technologique Nasdaq a perdu 2,4 % sur la même période.