Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán va céder la place à la tête du Conseil de l’UE à Donald Tusk, le Premier ministre polonais, qui lui reproche sa proximité avec Moscou et sa bienveillance envers les ex-responsables du PiS.Pas sûr que la transition entre la Hongrie et la Pologne à la tête du Conseil de l'Union européenne se fasse dans un climat apaisé. Autrefois proches, les deux pays sont en froid depuis la défaite du PiS (Droit et Justice) polonais, ultra-conservateur et illibéral, et le retour au pouvoir de Donald Tusk en décembre 2023.
Les relations entre les deux membres du groupe de Visegrád se sont même détériorées ces derniers jours. Le 19 décembre, la Hongrie du nationaliste Viktor Orbán annonçait avoir accordé l'asile politique à Marcin Romanowski, un ex-responsable du PiS. Le député à la Diète, chambre basse du Parlement polonais, et ancien vice-ministre de la Justice, était recherché depuis une dizaine de jours par les autorités polonaises.
Arrestations
Le conservateur est accusé de détournement de fonds publics par le parquet. Marcin Romanowski a, lui, justifié son départ, disant craindre « des actions à motivation politique ». Relayé par les réseaux sociaux, cet événement s'inscrit dans une série d'arrestations, ces dernières semaines, de personnalités politiques liées au PiS.
La fin de la présidence hongroise est pleine d'événements étranges.
Donald Tusk
L'implication de Budapest dans l'affaire, qualifiée d'« acte hostile à la Pologne » par le ministre des Affaires étrangères, a fait bondir le gouvernement polonais. « La fin de la présidence hongroise est pleine d'événements étranges, a tweeté, ironique, Donald Tusk. Je ne m'attendais pas à ce que ceux qui fuient la justice puissent choisir entre Alexandre Loukachenko [le président biélorusse] et Viktor Orbán. »
Kilian Bigogne, correspondant à Varsovie