Roberto Saviano : « La gauche n'existe plus, la société civile non plus »
Propos recueillis par Anna Cabana
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« La Tribune Dimanche » a rencontré Roberto Saviano.
LTD/CORENTIN FOHLEN/Divergence
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« La Tribune Dimanche » a rencontré Roberto Saviano.
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Que peut-on attendre de mieux et de plus fort d'un homme menacé de mort depuis dix-neuf ans pour la liberté de ses écrits que... de la littérature, pure et dure, ardente ? C'est cette chose-là, rien de moins, que nous offre Roberto Saviano avec son Giovanni Falcone, le livre brûlant qu'il consacre à ce juge engagé corps et âme dans une lutte contre la mafia qu'il paya de sa vie - et de celle de sa femme. En vertu de cette règle rappelée par Saviano : « Si les Corléonais le veulent, ils peuvent poser une échelle sur la cathédrale de Monreale, monter jusqu'au paradis et arroser Dieu de balles. »
Il y a comme une intensité au carré à lire un homme que le retentissement de son chef-d'œuvre sur la mafia (Gomorra - Dans l'empire de la Camorra, 2006) a contraint depuis à vivre traqué - et sous la protection de sept carabiniers et de deux voitures blindées - reconstituer, scène après scène, méticuleusement, fougueusement, on-ne-peut-plus-
empathiquement, le destin d'un autre combattant antimafia. Bouleversante fraternité d'obsessions et de solitude.
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« Ce roman [qui] raconte une histoire vraie », comme l'écrit Saviano en préambule, étincelle. De densité - plus de 600 pages qui se dévorent -, de puissance narrative - la reconstitution du « maxi-procès » est tout simplement magistrale -, d'émotion, aussi, d'émotion, surtout. Saviano-le-conteur nous fait entrer dans l'intimité et les contradictions d'un héros qui jamais ne s'est tenu pour tel, et chez lequel la peur nourrissait le courage :
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