Donald Trump et Giorgia Meloni sont ses modèles. George Simion, leader de la nouvelle extrême droite roumaine, l'a dit et répété. À la tête de l'Alliance pour l'unité des Roumains (AUR), l'homme de 38 ans est crédité de 15 à 19 % des voix pour le premier tour de l'élection présidentielle d'aujourd'hui. Ce qui le place en deuxième position derrière l'actuel Premier ministre. Président du Parti social-démocrate (PSD), héritier du Parti communiste roumain, Marcel Ciolacu pourrait rassembler 25 % des voix.
La percée de l'AUR, fondé en 2019, inquiète Bruxelles, et les résultats seront scrutés à la loupe. Alliée fiable de l'Otan, excentrée géographiquement, la Roumanie est passée au centre des préoccupations de l'Union européenne depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Voisin de Kiev, Bucarest abrite un important système de dissuasion militaire sur ce flanc est de l'Alliance. Or le parti de Simion, ultranationaliste et pro-russe, milite pour « la grande Roumanie » avec le retour de la Moldavie et de la partie ukrainienne de la Bucovine dans les frontières du pays. Le candidat a même promis de cesser toute aide militaire à Kiev. Rien d'étonnant à ce qu'il soit interdit d'entrée en Moldavie et en Ukraine.