Shirin Ebadi, prix Nobel de la Paix : « Cette guerre doit cesser au plus vite »
Propos recueillis par Antoine Malo
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Shirin Ebadi a reçu un Prix Nobel de la Paix en 2003.
LTD / Suzanne Plunkett/REUTERS
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Avocate et militante des droits de l'homme, Shirin Ebadi a combattu le régime iranien pendant plusieurs années, ce qui lui a valu en 2003 le prix Nobel de la paix. Menacée, arrêtée et incarcérée pendant trois semaines en 1999, elle a décidé de fuir son pays dix ans plus tard pour se réfugier au Royaume-Uni. Bien qu'opposante acharnée aux mollahs, elle réprouve aujourd'hui la guerre menée par Israël. Elle s'en explique à La Tribune Dimanche.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Cette guerre pourrait-elle conduire à la chute du régime des mollahs ?
SHIRIN EBADI — L'avenir est par définition imprévisible. Tout ce que je peux dire pour l'instant, c'est que le régime iranien s'est considérablement affaibli.
Mais un tel scénario serait-il souhaitable ou conduirait-il au chaos ?
Il n'y a jamais de vainqueur dans une guerre. Elle ne laisse derrière elle que du sang et des dommages économiques. Actuellement, des civils sont tués des deux côtés. Cette guerre coûtera cher à l'Iran et à Israël. Elle doit cesser au plus vite.
Si le régime disparaît, y a-t‑il des forces politiques suffisamment solides pour assumer le pouvoir ?
Il existe en Iran des forces politiques et des experts compétents. Cela ne m'inquiète pas.
La guerre pourrait-elle, au contraire, engendrer un réflexe patriotique et unifier les Iraniens autour du régime ?
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