Selon une étude publiée vendredi par l'Institut Terram, 48% des Français s'inquiètent des sécheresses de plus en plus longues, et 54% de la dégradation de la qualité de l'eau. Deux ans après la présentation par le président de la République du plan eau comme l'une des priorités de la planification écologique du gouvernement, la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, explique à La Tribune Dimanche comment elle compte poursuivre ce chantier. Elle dévoile la feuille de route qu'elle présentera vendredi sur un volet encore peu investi : la pollution de l'eau potable.
LA TRIBUNE DIMANCHE — L'état de la ressource hydrique inquiète de plus en plus les Français. Quelle est la situation ?
AGNÈS PANNIER-RUNACHER — Meilleure qu'en 2024. 60% des nappes ont bénéficié d'épisodes de rechargement et affichent un niveau supérieur aux normales mensuelles. Celles du bassin parisien, du pourtour méditerranéen et de la Corse sont à des niveaux plus élevés qu'il y a un an. Je note aussi une amélioration dans le Sud-Est : Languedoc, Provence, Côte d'Azur. Mais l'impact du dérèglement climatique est là. Même si 2024 est l'une des dix années les plus pluvieuses depuis le début des relevés, certaines régions sont en tension, notamment le Massif central ou le Massif armoricain. On est rentré dans des cycles de « pas assez d'eau » l'été et de « trop d'eau » l'hiver qui ne permettent plus de recharger notre système. Plus largement, l'accès à l'eau devient un sujet régalien : c'est une bataille silencieuse qui dessine de nouvelles lignes de fracture et nous oblige à agir pour défendre notre souveraineté.