LA TRIBUNE DIMANCHE — Comment se porte Carrefour ?
ALEXANDRE BOMPARD — Notre groupe se porte bien, malgré un environnement compliqué. Ses performances opérationnelles, économiques et financières sont en croissance permanente. Carrefour s'est très profondément transformé ces dernières années, grâce aux deux plans stratégiques que nous avons conduits. Nous avons fermé des foyers de pertes, comme en Chine, refondu notre marque autour des campagnes Act for Food et du bio. Et fait évoluer le modèle de l'hypermarché, en activant plusieurs leviers de transformation, dont la franchise. Carrefour est devenu l'incontestable leader dans les formats de proximité : 450 nouveaux magasins en France ont ouvert en 2024. Et nous avons conduit des grandes opérations de croissance externe en France et au Brésil.
Le format des hypers n'est donc pas condamné ?
Pas du tout : 89 % des Français les fréquentent régulièrement, contrairement à des idées préconçues, souvent parisiennes... Leur promesse est intemporelle : une immense variété de produits, au prix le plus bas. Mais il faut réinventer le modèle en le réinscrivant dans le quotidien des Français, dans leur époque, dans leur manière de consommer. Pour sauver les magasins en difficulté structurelle, nous transférons chaque année la gestion d'une quinzaine d'hypermarchés à des entrepreneurs. Leurs performances se sont améliorées et les emplois ont été maintenus. Le modèle du groupe est aujourd'hui très équilibré, entre nos propres magasins et ceux tenus par des entrepreneurs ambitieux. Il fait la force de Carrefour. Et sa singularité.