Il y a eu des rentrées plus sereines. Lorsque François Bayrou a annoncé vouloir demander la confiance du Parlement le 8 septembre, les chefs d'entreprise ont été quelque peu cueillis à froid. Un sentiment perceptible mercredi 27 et jeudi 28 août, lors de la Rencontre des entrepreneurs de France, organisée par le Medef à Roland-Garros.
Pour autant, le contexte global ne semble pas être de nature à complètement chambouler les stratégies de recrutement des entreprises alors que le taux de chômage reste stable, à 7,5 % selon les statistiques publiées fin juin par France Travail, et que les CDI enregistrent au premier trimestre 2025 une haute de 1,9 %.
Cette bonne tenue de l'emploi est confirmée par Benoît Derigny. Le président de ManpowerGroup France affirme que, dans certains métiers, « nous ne sommes pas loin du plein-emploi », la construction, pourtant malmenée précédemment, l'agroalimentaire ou les biens d'équipement se comportant plutôt bien. L'association pour l'emploi des cadres (Apec) confirme dans son enquête publiée fin août une certaine confiance des entreprises, établie à 71 %, « plus de 10 points au-dessus de ce que nous avions mesuré en début d'année », constate Gilles Gateau, son directeur général.
Mais le plus optimiste demeure Thibaut Guilluy, le directeur général de France Travail, qui analyse la hausse de 1,9 % de contrats signés de plus d'un mois au cours du premier trimestre comme la preuve du dynamisme de la création d'emplois, bien meilleure qu'en 2024. « Nous enregistrons également une hausse de 52 % de CDI par rapport au CDD, qui est un plus-haut historique, plaide-t-il. Il est important de considérer la nature des emplois. Nous sommes à un taux d'emploi que nous n'avons jamais connu aussi élevé depuis qu'il est mesuré, depuis quarante ans, et cela est aussi une réalité. »