À quelques jours du discours tant attendu de François Bayrou sur les grandes orientations du budget 2026, l'ensemble des acteurs de la santé se mobilise sur le budget de la Sécurité sociale. Il faut dire que les alertes sur les dérives du déficit ont été nombreuses, de la Cour des comptes qui juge les finances « hors de contrôle » à l'alerte du comité de suivi sur le dépassement de l'Objectif national de dépenses de l'Assurance maladie (Ondam) en juin. Le déficit prévisionnel pour 2025 de la Sécurité sociale est estimé à 16 milliards d'euros pour la seule branche maladie.
Ce mercredi matin, c'est le Medef qui a annoncé une liste de 93 propositions regroupées en six thèmes principaux, afin de proposer des pistes d'économies en vue du prochain Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) à la rentrée. Parmi les grandes propositions, plusieurs concernent les indemnités journalières versées lors des arrêts de travail. Ces derniers ont explosé ces dernières années, avec une hausse de 6 % par an entre 2019 et 2023, rappelle l'Assurance maladie dans son rapport charges et produits présenté il y a deux semaines.
« Ce sont 12 milliards d'euros pour l'Assurance maladie, mais environ 20 à 25 milliards d'euros supplémentaires supportés par les entreprises et les assureurs, soit 4 points de PIB », a détaillé Yves Laqueille, vice-président de la Caisse nationale d'Assurance maladie (Cnam), qui présentait les propositions. « Si l'on revenait à l'absentéisme de 2019, cela ramènerait les dépenses à 1 point de PIB sur ce volet. »