Quelques heures après avoir publié ses résultats semestriels, le directeur général de Valeo, Christophe Périllat, s'est confié à La Tribune Dimanche. Malgré un chiffre d'affaires prévisionnel revu à la baisse pour 2025, l'équipementier automobile se dit satisfait de ses autres indicateurs. Valeo, qui fabrique des moteurs mais aussi des systèmes électroniques et d'éclairage, tout comme divers capteurs qui équipent les véhicules du monde entier, fait partie des principaux sous-traitants du secteur, implanté mondialement et notamment aux États-Unis.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Avez-vous chiffré les conséquences de la guerre commerciale sur votre activité ?
CHRISTOPHE PÉRILLAT - Nous sommes peu sensibles aux droits de douane éventuels qui pourraient exister entre l'Europe et les États-Unis. Mais nous pensons tout de même qu'il est mieux d'avoir un accord car cela enlève de l'instabilité et de l'insécurité dans le business. Le schéma industriel de Valeo est un schéma continental, c'est-à-dire que nous produisons en Amérique du Nord pour l'Amérique du Nord, nous fabriquons en Europe pour l'Europe et nous produisons en Chine pour la Chine. Cela ne veut pas dire qu'aucun droit de douane ne s'applique à nous. Nous avons par exemple des productions au Mexique à destination des États-Unis et des droits de douane s'appliquent. Mais grâce à divers accords et à nos efforts sur la production locale, 90 % de notre production mexicaine en est exemptée. Nous avons mené un lourd travail en interne pour augmenter cette part de contenu local. Pour le reste, nous travaillons avec nos clients pour obtenir des compensations sur les productions sur lesquelles les droits de douane s'appliquent. L'impact net des droits de douane sur nos résultats du premier semestre est tout à fait négligeable, de l'ordre de quelques millions d'euros.