Fraude : le fisc aussi intensifie ses contrôles
Fanny Guinochet

« La fraude, c’est de l’argent volé aux Français », répète la ministre chargée des Comptes publics, Amélie de Montchalin.
LTD / Xose Bouzas / Hans Lucas via Reuters Connect
Fanny Guinochet

« La fraude, c’est de l’argent volé aux Français », répète la ministre chargée des Comptes publics, Amélie de Montchalin.
LTD / Xose Bouzas / Hans Lucas via Reuters Connect
Autour de 100 milliards d'euros par an : c'est le montant de la fraude fiscale estimée par le Haut Conseil des finances publiques. Bien plus que la fraude sociale. À l'heure où le gouvernement cherche, pour son prochain budget, 40 milliards d'euros sans augmenter les impôts, il est décidé à ne rien laisser passer : « La fraude, c'est de l'argent volé aux Français », répète la ministre chargée des Comptes publics, Amélie de Montchalin. Mais le défi est de taille car, comme elle l'expliquait le 15 avril sur France 2, « on n'est plus du tout dans le voisin qui ne déclare pas très bien ses revenus, on est désormais face à une véritable industrie de la fraude organisée ». Y compris avec des réseaux qui agissent depuis l'étranger.
Croisement de données, utilisation de l'intelligence artificielle, recrutement d'enquêteurs chevronnés et multiplication des contrôles ont toutefois permis à Bercy de détecter et de notifier jusqu'à 16,7 milliards d'euros de fraude fiscale l'an dernier. Soit un montant doublé en cinq ans. Un record. Et 13 milliards ont pu être récupérés par le fisc.
De bons résultats qui découlent d'une volonté politique constante. « Tous les ministres qui se sont succédé ces dernières années aux Comptes publics, d'Olivier Dussopt à Gabriel Attal en passant par Amélie de Montchalin, en ont fait leur priorité », observe Élisabeth Doineau, sénatrice, rapporteure générale de la commission des affaires sociales. Selon elle, « l'administration a beaucoup progressé dans sa traque ».
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Pour 2026, l'objectif de Bercy est encore plus ambitieux : encaisser 2 milliards d'euros supplémentaires pour atteindre 15 milliards. Le gouvernement souligne que, au-delà de l'efficacité économique, la lutte contre la fraude est un pilier de notre pacte social. C'est aussi un des rares sujets à faire consensus : de la gauche à la droite en passant par les extrêmes, tout le monde est favorable à l'idée d'intensifier la traque.
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