L’agonie inexpliquée des moules de Groix
Vladimir De Gmeline
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Les moules du Morbihan, en souffrance ces derniers temps.
LTD/Vladimir Gmeline
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Les moules du Morbihan, en souffrance ces derniers temps.
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Plus rien. Les lignes que remonte Julien Romagné sont vides. Il fait très beau en ce matin d'octobre, à quelques encablures de la côte, mais la situation est catastrophique. Les coquillages qui faisaient la fierté et la prospérité de son entreprise de cinq salariés, les Moules de Groix, fondée en 2018 avec sa femme Leslie, ont disparu. Des moules bio, grosses, charnues, connues sur l'île et dans toute la Bretagne, vendues jusqu'à Paris par Poiscaille, un réseau spécialisé dans la commercialisation de produits de la mer durables.
« On faisait un chiffre d'affaires de 400 000 euros, explique Julien, et là on est proches de la liquidation judiciaire. » Avec lui, Jeanne, jeune salariée de l'entreprise, actionne les manivelles. Elle a travaillé à Tahiti, à Saint-Malo, puis est revenue sur cette île du Morbihan d'où sa famille est originaire : « J'adore mon travail, dit-elle, et le cadre est idyllique. » Julien et Jeanne continuent de venir tous les jours pour entretenir le parc, vérifier l'état du matériel.
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Des moules, on en produit ici depuis les années 1980. Habituellement, les 2 700 mètres linéaires de filières immergés jusqu'à 10 mètres de fond face à Port-Lay, juste à côté de Port-Tudy, où arrivent chaque jour de Lorient les navires de rotation du continent, se remplissent de coquillage à partir du mois de mars, au début de la récolte. Il faut un an aux « naissains », les bébés moules, pour se développer. Mais cette année, en juin, toujours pas de moules, et pas de naissains.
Vladimir De Gmeline