Brest, Lorient, Saint-Malo : ces trois ports bretons accueilleront des produits bio en 2025
Pascale Paoli Lebailly
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Premier port de Bretagne pour le trafic, premier de France pour la réparation, les flux de marchandises restent modestes à Brest, avec un peu plus de 3 millions de tonnes par an. (Crédits : CCIMBO)
Au 1er janvier 2025, trois ports de commerce bretons pourront accueillir et stocker des produits bio. Le gouvernement a donné son feu vert à l’ouverture de points de contrôle spécifiques à Brest, Lorient et Saint-Malo. Une décision réclamée depuis plus de deux ans par les élus et qui ouvre une perspective de création d’une nouvelle filière dans l’alimentaire, mais aussi en matière de décarbonation du transport maritime.
Dans les ports de commerce, en import comme en export, on n'accueille pas les produits bio comme on fait transiter d'autres denrées alimentaires. Circonscrite par des hangars ou des cellules de stockage spécifiques, la circulation de ces produits (fruits et légumes, céréales, chocolat ou café bio, entre autres, qui transitent par les ports) ne doit pas se mélanger à celles des articles non bio. Jusqu'à présent, les ports de commerce bretons n'avaient pas accès à cette activité.
Tout cela changera au 1er janvier 2025 : après plus de deux ans de demandes de la part des élus régionaux, le gouvernement a donné son feu vert à l'ouverture de points de contrôle spécifiques dans les ports de Brest, Lorient et Saint-Malo. A l'instar de places comme celles de Nantes et du Havre, ils pourront réceptionner et stocker des denrées alimentaires biologiques ainsi que des fruits et légumes soumis à certaines normes de commercialisation.
Inscrit dans les stratégies portuaires
La direction des douanes et des droits indirects « va engager les travaux nécessaires à l'ouverture de ces points de contrôle » a fait savoir le 28 mars la Région Bretagne, propriétaire des ports bretons, dans un communiqué, traduisant au passage la satisfaction des élus régionaux.
Si ces derniers voient « une étape-clé vers un commerce alimentaire mieux régulé et plus durable », la nouvelle est aussi très favorablement accueillie par la direction des trois ports qui avaient préalablement inscrit cet agrément bio dans leur stratégie portuaire.
À Lorient, cette autorisation va « projeter le port vers l'avenir, développer de nouvelles lignes maritimes et satisfaire les besoins de la filière agricole» a réagi Fabrice Loher, président de Lorient Agglomération, l'actionnaire majoritaire de la société d'économie mixte gestionnaire du port de Lorient-Kéroman, premier port de pêche français en valeur.
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À Brest, Christophe Chabert, président du directoire de la Société Portuaire Brest Bretagne (SPBB) y voit pour sa part le « début d'une filière », sans pour autant être en mesure de chiffrer le tonnage que les produits bio, dont les ventes reculent en raison de l'inflation, pourraient à terme représenter dans l'activité du port.