Les fausses promesses ne trompent plus personne. Il n'a fallu que quelques heures pour que soit sévèrement contestée la capacité de François Bayrou à rétablir les comptes publics. « Il est très peu probable que le prochain gouvernement réduise durablement l'ampleur des déficits budgétaires », a taclé l'agence Moody's à la surprise générale, tout en dégradant la note française d'un cran supplémentaire.
Notre économie a déjà perdu beaucoup de crédibilité ces derniers mois. Ce n'est malheureusement qu'un début. Le pacte de non-censure que s'apprête à négocier le Premier ministre avec les différents courants politiques risque de la plonger dans un état de « mort cérébrale », pour reprendre une formule chère à Emmanuel Macron. Pour éviter à François Bayrou une nouvelle censure, la gauche réclame de lui qu'il rende les armes, toutes les armes, dont la seule capable de combattre nos déficits : le 49.3, qui autorise à faire adopter le budget sans vote.
Renoncer à cette disposition, c'est accepter que la dette explose et nous jeter dans les griffes de nos créanciers. C'est donner la victoire aux « démagos » qui rejettent dans un grand élan collectif tous les efforts requis pour redresser la France. « Je n'ignore rien de l'Himalaya qui se dresse devant nous aujourd'hui », a glissé avec fatalisme le nouveau Premier ministre vendredi, sur le perron de Matignon.