Le « pays le plus heureux du monde » vit aussi avec la menace russe à ses portes. Il n’a pas attendu son adhésion à l’Alliance en 2023 pour prendre sa défense en main.Pour illustrer leur patriotisme et le niveau de préparation de leur armée, les militaires finlandais aiment à rappeler ce dicton : « Si vous avez des armes, mais pas de volonté, vous échouez. De mauvaises armes, mais de la volonté, vous avez une chance. De bonnes armes et de la volonté, vous gagnez. »
Ajoutez à cela le « Sisu », terme intraduisible en français, qui fait référence à la volonté et à la rusticité, la capacité de s'adapter à des conditions climatiques difficiles et à être autonome en toutes circonstances, et vous aurez une idée de l'état d'esprit de ce peuple de six millions d'habitants, qui partage, sur son flanc Est, une frontière de 1300 kilomètres avec la Russie.
Le 21 mai dernier, des images satellites y montraient une intense activité de l'armée de Moscou. Une démonstration de force qui n'impressionne guère les Finlandais : « A partir du moment où nous avions rejoint l'Otan en 2023, c'était prévisible, affirme une source militaire. Les Russes construisent des bâtiments, transforment leurs brigades disséminées en divisions. Le risque de guerre fait partie de notre ADN. Nous sommes des gens calmes, silencieux, c'est notre manière de faire. Mais les russes le savent : il ne faut pas jouer avec nous. »
Durant plusieurs décennies, de la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu'en 1994, la Finlande a été neutre. Une position qui n'était pas vraiment un choix. En pleine Guerre froide, il s'agissait de ne pas réveiller un voisin susceptible, avec lequel le pays avait déjà été en conflit à plusieurs reprises. La « guerre d'hiver » tout d'abord, de 1939 à 1940, puis la «guerre de continuation», de 1941 à 1944.