Les dinosaures et la comète bitcoin
La Tribune Dimanche

Retrouvez chaque semaine les conseils financiers de Marc Fiorentino.
LTD/Fabien Clairefond
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Depuis l'élection de Trump, le bitcoin et les cryptomonnaies se sont envolés. Pulvérisant tous leurs records historiques. Et autour de moi, je suis confronté à trois catégories de personnes.
1. Les convaincus de la première heure qui fanfaronnent, à raison : des Gen Z, des millénials mais quelques boomers aussi, plus rares.
2. Ceux qui ne m'ont jamais parlé de bitcoin mais qui me disent qu'ils en ont acheté plus ou moins massivement avant la hausse ; j'ai des doutes. Sur les marchés, on appelle ça des « back traders », des investisseurs qui auraient tout vu AVANT mais qui n'en parlent qu'APRÈS.
3. Les dinosaures. Qui n'ont rien vu. Qui ont regardé passer le train, un train qui est devenu un TGV. Mais qui ne regrettent rien car ce sont des adeptes du « je n'investis que dans ce que je comprends ». Comme moi. Ce qui me remonte le moral, c'est que je suis en bonne compagnie : Warren Buffett, le gérant le plus talentueux des soixante dernières années, répète régulièrement qu'il ne touchera jamais au bitcoin ; il a même comparé les cryptomonnaies à de la « mort-aux-rats »...
Quelle que soit l'opinion qu'on puisse avoir sur le bitcoin et ses cousins, on ne peut pas ignorer la performance de cet « actif » financier. Une performance spectaculaire. En une seule année, il a progressé de 35 000 dollars à 90 000 dollars, à quelques milliers de dollars près. La capitalisation totale des cryptomonnaies reste néanmoins modeste. Elle est équivalente à celle d'un Apple ou d'un Nvidia. Trump prévoit de lever une partie des contraintes réglementaires et de l'intégrer aux réserves nationales
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Le bitcoin, que l'on définissait comme l'or des nouvelles générations, va changer de statut avec Donald Trump. Il veut en faire une monnaie à part entière. Et pour cela, il prévoit de lever une grande partie des contraintes réglementaires et de l'intégrer aux réserves nationales. Quand c'était le Salvador qui décidait d'acheter du bitcoin pour ses réserves et de l'adopter comme monnaie officielle, c'était encore anecdotique, voire folklorique. Aujourd'hui, ce sont les États‑Unis...
Une autre dimension. Et une validation, étonnante certes mais réelle, par la première puissance économique et financière mondiale. Les « spécialistes » qui rêvaient d'un objectif de 100 000 dollars pour le bitcoin ne font même plus de prévisions. Pour eux, le potentiel de cette monnaie virtuelle est illimité puisque sa production, le « mining », est progressivement limitée.
Se pose une question incontournable pour ceux qui n'ont pas de bitcoins dans leur allocation d'actifs : faut‑il en acheter maintenant ou est‑ce trop tard ? Je ferai la même réponse que pour l'or. L'or est un anxiolytique financier : si ça vous rassure d'en avoir, alors n'hésitez pas à y investir 2 à 3 % de vos actifs. Le bitcoin, lui, est un Viagra financier : si ça vous dynamise ou vous excite d'en avoir, n'hésitez pas. Mais limitez votre risque. Même si Trump va donner au bitcoin le titre officiel d'actif financier, il reste un actif spéculatif extrêmement volatil. Quant à moi, je vais continuer à ruminer, telle la vache regardant passer les trains.
▶️▶️▶️▶️ Chaque vendredi sur BFM Business, retrouvez Marc Fiorentino de 20 h à 21 h.
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