Il soufflait comme un air d'Amérique dans les rues de Davos cette semaine. Un air euphorisant pour tous ceux venus de l'autre côté de l'Atlantique, qui savourent la promesse de baisses d'impôts massives et d'hégémonie mondiale. Un air frisquet pour les Européens, qui reprennent le train avec cette fâcheuse impression d'avoir reçu des leçons toute la semaine.
Un vent franchement glacial, enfin, pour les défenseurs du climat, qui, à l'exception d'un concert sous la neige donné pour la cause par le violoncelliste Yo-Yo Ma, n'ont guère entendu parler d'écologie cette semaine. « L'an dernier, le climat était partout à Davos ; cette année, rien », regrette Gail Whiteman, directrice du camp de base « Arctic » qui avait planté ses tentes le long du très chic hôtel Schatzalp, en haut des pistes.
De Google à Meta en passant par Intel et Uber, ce sont les géants de la tech californienne qui étaient à la fête cette semaine. Ils ont multiplié cocktails et soirées, avec le groupe Duran Duran en guest star jeudi soir, le long de la fameuse promenade qui traverse la ville. Partout, cette euphorie autour de Donald Trump, qui promet de faire des États-Unis le meilleur pays pour « créer des emplois, construire des usines et faire des affaires ».
Les patrons américains ne boudent pas leur plaisir : « J'étais le week-end dernier à Washington, c'était vraiment génial, s'extasiait le patron d'Uber, Dara Khosrowshahi, lors d'un cocktail mercredi soir. Ce rassemblement de PDG, quel spectacle extraordinaire ! Qu'on soit d'accord ou pas avec Donald Trump, on sent que ça va vite. L'optimisme est maximal. »