Patrick Artus, membre du cercle des économistes : « La négociation avec les États-Unis peut mal finir »
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Patrick Artus est membre du cercle des économistes.
LTD/Ossiam
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LA TRIBUNE DIMANCHE — Pourquoi les négociations commerciales entre l'Union européenne et les États-Unis s'annoncent-elles complexes ?
PATRICK ARTUS — Pour l'instant, les négociations entre l'UE et les États-Unis ne sont pas achevées. Mais elles ne portent pas uniquement sur le commerce. C'est un conflit où les exigences des Américains portent sur l'ouverture des marchés agricoles, automobiles et numériques européens aux produits et aux services américains. Les Américains détestent tous les obstacles à l'expansion de leurs entreprises comme, par exemple, les règles de la concurrence. L'objectif est de vendre le plus de produits sans être contrarié par les autorités de la concurrence et par la fiscalité européenne.
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Les Américains demandent aux Européens de ne pas appliquer la taxe minimum de 15 % sur les multinationales préconisée par l'OCDE mais aussi de supprimer la taxe sur les services financiers. Dans le cas contraire, ils concluront que la fiscalité européenne est discriminante et hostile aux entreprises américaines et ils pénaliseront les entreprises, investisseurs et banques centrales qui ont investi aux États-Unis. Or, il me paraît difficile que l'Europe renonce à sa taxation des services financiers ou à ses règles de concurrence. Nous ne pouvons pas exclure que la négociation se finisse mal.
La Chine peut-elle mieux s'en sortir dans ses discussions avec les Américains ?