La nouvelle méthode des socialistes

Caroline Vigoureux

Loin des premières propositions du Nouveau Front populaire, le camp socialiste dévoile un projet fondé sur le compromis.
LTD/Bastien Ohier / Hans Lucas via AFP

Caroline Vigoureux

Loin des premières propositions du Nouveau Front populaire, le camp socialiste dévoile un projet fondé sur le compromis.
LTD/Bastien Ohier / Hans Lucas via AFP
Soucieux d'apparaître crédibles en cette période trouble, les socialistes ont bousculé leurs plans de rentrée, en présentant leur contre-budget hier lors de leur université de rentrée à Blois, soit 21,7 milliards d'économies en 2026, très loin des 44 milliards d'euros de coupes prévues par François Bayrou. Ils ne se fixent pas les mêmes échéances non plus : le PS ambitionne de réduire le déficit à 5 % en 2026, contre 4,6 % pour le gouvernement. Quant à la barre fatidique des 3 %, les socialistes se fixent l'horizon 2032 et non 2029, comme le fait l'exécutif.
Au cœur du projet socialiste, qui prend ses distances avec celui du Nouveau Front populaire de l'été 2024, la taxe des grandes fortunes et des grandes entreprises, une mesure très applaudie à gauche. Il s'agit de mettre en place la taxe Zucman, qui impose à hauteur de 2 % les contribuables dont le patrimoine dépasse 100 millions d'euros. Ce qui rapporterait, selon leurs estimations, 15 milliards d'euros.
Deuxième source de recettes des socialistes, très opposés à la suppression des deux jours fériés voulus par l'exécutif, la refonte de la fiscalité sur les dividendes et les plus-values. La lutte contre la fraude fiscale et sociale pourrait aussi rapporter, d'après leurs calculs, 3,2 milliards d'euros.
Sans surprise, le projet du PS, façonné par les deux chefs de groupes parlementaires, Boris Vallaud et Patrick Kanner, ainsi que par le député Philippe Brun, prévoit « l'impérative suspension immédiate » de la réforme des retraites et une baisse ciblée de la contribution sociale généralisée.
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Les socialistes veulent aussi réduire les aides aux grandes entreprises ou, encore mieux, optimiser le fonctionnement de l'État. Sur la méthode, le premier secrétaire du PS, dont le discours vendredi soir pouvait laisser penser qu'il se voyait comme potentiel candidat pour Matignon, a promis « une autre manière de gouverner » avec notamment « l'engagement de ne pas utiliser le 49-3 », ce qui obligerait « à trouver des compromis texte par texte ».
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Caroline Vigoureux
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