De nouveau, Emmanuel Macron est à la recherche d'un Premier ministre. Ce sera la troisième fois depuis sa funeste décision de dissoudre l'Assemblée nationale il y a quatorze mois. Après Michel Barnier qui était resté 99 jours à Matignon, François Bayrou va devoir, sauf coup de théâtre, à son tour faire ses cartons au bout de 38 semaines. Mardi 2 septembre, le centriste recevra à Matignon Marine Le Pen et Jordan Bardella, puis Olivier Faure, Boris Vallaud et Patrick Kanner au nom du PS... pour d'ultimes consultations avec les formations politiques (à l'exception de LFI et des Écologistes, qui ont décliné son invitation).
Parallèlement, il continuera à multiplier les interventions médiatiques. Aujourd'hui, il accordera à 18 heures une interview aux quatre chaînes info (dont BFMTV (propriété, comme La Tribune Dimanche, de CMA Média). Ce mardi, il sera sur le plateau du 20 Heures de France 2... Mais qui imagine encore que ces dernières forces jetées dans la bataille l'empêcheront d'échapper à son sort ?
Le 8 septembre, le vote de confiance que le Premier ministre a suscité afin de constater si le cadre budgétaire qu'il a fixé le 15 juillet (44 milliards d'euros d'économies) pour desserrer l'étau de l'endettement français était partagé par les députés devrait être largement négatif et entraîner sa démission.
Le pays à l'arrêt
Pour Emmanuel Macron, ce ne sera pas une bonne nouvelle. La chute du maire de Pau va accentuer un peu plus l'instabilité politique. De nouveau, le pays va se retrouver à l'arrêt. Cette situation dont les Français le jugent responsable va fragiliser davantage le locataire de l'Élysée. Pour conjurer ce sentiment, le chef de l'État s'est employé toute la semaine à afficher « le calme des vieilles troupes », selon la formule d'un de ses proches. Il a continué à se concentrer sur son agenda international. Lors du Conseil des ministres, il a appelé les siens à n'être « ni dans le déni de réalité ni dans le catastrophisme » et les oppositions « à la responsabilité ».