RENCONTRE – Coup de cœur des Jeux paralympiques, Aurélie Aubert a dû composer avec une lumière soudaine. La médaillée d’or en boccia est devenue une source d’inspiration.Comme la porte est ouverte, on entend depuis le couloir le son si singulier de ces balles de cuir, roulant pour mieux se lover les unes contre les autres. Il y a les rouges, les bleues et puis le jack, blanc, objet du désir sur une aire de boccia. Les affiches aux murs ne disent rien d'une enceinte sportive. Nous sommes ici dans un centre social. La salle où l'on retrouve Aurélie Aubert se veut donc « polyvalente ». La veille, une chorale y avait pris place. Le lendemain, ce sera une troupe de théâtre. Mais deux journées par semaine, l'espace est à elle. Ainsi qu'à Claudine Llop Cliville, coach, ange gardien, et une vie consacrée aux personnes en situation de handicap.
Au sol, le tracé du terrain est fait d'adhésifs bricolés. Mais personne n'y touche le reste du temps, un droit qui a été gagné. « Comme ça, Claudine n'a pas à tout refaire chaque fois », glisse la sportive. Entre les deux femmes, même tee-shirt rouge siglé France, l'échange se nourrit de chaque lancer, effectué ou à venir. « Aurélie, si tu te mets en apnée, ton bras sort de l'axe et la trajectoire est déviée. En fait, il faut que je mette plus de vitesse. »
Voilà deux ans et demi que le duo, fusionnel, opère en ces lieux. Dans le fonctionnement, rien n'a changé depuis Paris 2024. Dans les regards, tout est différent. Impossible de ne pas les aimanter quand, d'une expiration en mondovision, on éteint la flamme des Jeux. Précisément entre un titre paralympique, première Marseillaise de l'histoire en boccia, et une Légion d'honneur remise par Emmanuel Macron place de l'Étoile.
Damien Burnier, envoyé spécial à Verneuil-sur-Avre (Eure)