OPINION. « La cohésion des territoires ne se fera pas en un jour », par Christophe Bouillon, maire de Barentin
Créée pour rapprocher l’État des élus locaux, l’Agence nationale de la cohésion des territoires fête ses cinq ans dans un contexte budgétaire tendu. Alors que certains s’interrogent sur sa pérennité, Christophe Bouillon défend un modèle de gouvernance fondé sur les territoires et appelle à lui laisser le temps d’agir.
Par Christophe Bouillon, président de l’Association des petites villes de France, président de l’Agence nationale de la cohésion des territoires, maire de Barentin
Christophe Bouillon explique comment les régions se développent aujourd'hui, loin des modèles parisiens.
À l'heure où les opérateurs et agences de l'État sont ballottés dans le tumulte de la préparation du budget 2026, il est temps pour l'Agence nationale de la cohésion des territoires, cinq ans seulement après sa création, de rétablir des faits. Déjà issue d'une fusion de trois entités, l'ANCT a été créée à la demande des élus locaux et portée par une proposition de loi du Sénat sous l'impulsion du président de la République pour répondre à un besoin clair : aider les collectivités à réaliser leurs projets pour renouer ce lien si précieux entre les citoyens, les élus et l'État au sein de tous les territoires.
Pour cela, le choix de gouvernance souhaité par le Parlement et le gouvernement était simple : placer les élus au centre du conseil d'administration. Composé de dix associations d'élus, il est ainsi le reflet de nos territoires : la montagne, les quartiers prioritaires de la ville, les centres-bourgs, les bassins industriels, les villes moyennes, les villages y sont ainsi représentés pour refléter au mieux les ruralités et les urbanités de notre pays.
Chaque programme est alors construit avec une ou plusieurs associations d'élus. C'est ce qui fait la force de l'ANCT : l'État ne vient pas calquer un même modèle à chaque territoire, mais s'inspire de la richesse et de la pluralité des lieux de vie pour bâtir une cohésion si importante pour la France, portée par ses élus.
En finir avec les modèles parisiens
Longtemps, l'État a cherché à dupliquer un modèle inspiré par les sphères parisiennes pour aménager ses territoires. Cette fois, c'est le préfet de département, délégué territorial de l'agence, qui est un véritable pivot des politiques publiques portées par l'ANCT. Chaque élu peut ainsi le solliciter pour construire main dans la main, avec les services locaux de l'État, un projet d'avenir.
Sur des projets communaux ou intercommunaux, il est nécessaire pour le maire de disposer de temps pour les imaginer, les étudier et les réaliser. Parfois, deux mandats sont nécessaires. À l'aune d'une période d'instabilité politique et démocratique notable, il est impératif de préserver leurs repères. L'ANCT a tout juste cinq ans, laissons-lui le temps d'aider à bâtir les projets de demain.
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Consciente des contraintes budgétaires auxquelles nous faisons tous face, l'agence a pris sa part en 2025 avec une réduction de plus de 5 % de son plafond d'emplois et 21 millions d'euros en moins de subventions pour charges de service public versées par l'État, soit un quart de celles de l'année précédente. Il faut maintenant pérenniser cette enveloppe qui représente 0,09 % de la part des ressources des 434 opérateurs de l'État.
Une goutte d'eau qui anime pourtant les programmes France services, Action cœur de ville, Petites villes de demain, Villages d'avenir, Territoires d'industrie, les Cités éducatives, les adultes-relais, Entrepreneuriat quartiers 2030, les Observatoires des territoires et de la politique de la Ville, les commissariats de massif, les plans France très haut débit et France mobile, les tiers-lieux et l'inclusion numérique, la gestion des fonds de cohésion européens, une cinquantaine de centres commerciaux situés en QPV, les fonds de soutien au commerce rural et de restructuration des locaux d'activité ainsi que l'ingénierie sur mesure grâce à l'action déterminée de ses équipes pour appuyer les collectivités demandeuses. L'ANCT, c'est l'incarnation dans la durée du fameux couple préfet-maire à tous les étages.
Christophe Bouillon, Président de l'Association des petites villes de France, président de l'Agence nationale de la cohésion des territoires, maire de Barentin
David Lisnard, Président de l'AMF, maire de Cannes
André Laignel, Vice-président de l'AMF, maire d'Issoudun
Gil Averous, Président de Villes de France, Maire de Châteauroux et Président de Châteauroux Métropole
Sébastien Martin, Président d'Intercommunalités de France, Député de Saône-et-Loire
Michel Fournier, Président de l'Association des maires ruraux de France (AMRF), Vice-président de l'Agence nationale de la cohésion de territoires (ANCT), Maire de Voivres
Gilles Leproust, Président de Ville & Banlieue, maire d'Allonnes et Driss Ettazaoui, Vice-président de Ville & Banlieue, vice-président de l'agglomération d'Evreux et représentant de Ville & Banlieue au conseil d'administration de l'ANCT
Jérôme Dumont, Président du Conseil départemental de la Meuse, représentant de l'Association des départements de France (ADF) au conseil d'administration de l'ANCT
Frédéric Leturque, Vice-président de France urbaine, Maire d'Arras
Patrick Genre, maire de Pontarlier, représentant de l'Association nationale des Elus de la Montagne (ANEM) au conseil d'administration de l'ANCT
Par Christophe Bouillon, président de l’Association des petites villes de France, président de l’Agence nationale de la cohésion des territoires, maire de Barentin