Depuis longtemps, l'Etat assure mal ses responsabilités régaliennes Outre-mer ; il est tenté de compenser ces carences par un interventionnisme économique d'un autre temps et d'autres lieux. Le diagnostic est en grande part partagé : la situation économique et sociale des Outre-mer n'est pas satisfaisante. Le halo autour du chômage est entre 2.5 et 5 fois supérieur dans les départements d'Outre-mer de ce qu'il est en métropole. En 2024, le taux de chômage était autour de 12% en Martinique, de 19% à la Réunion, de 34% à Mayotte.
L'illettrisme est souvent à 20% quand il est à 7% en Métropole. Outre-mer, 15% des foyers sont allocataires du RSA pour 4% en métropole. Les difficultés de logement sont plus graves. L'économie est bien plus carbonée, du fait de la prédominance des biens importés, de l'absence de production nucléaire. On ajoutera le poids du narcotrafic (dont la part est estimée à 400 millions d'euros en Martinique, 4% du PIB !), les difficultés de l'Etat à assurer la sécurité publique (ce qui engendre des frais de gardiennage plus élevés...) et aussi les ingérences étrangères... La part de l'économie marchande est trop faible ; le secteur public dans les départements d'Outre-mer (hors Mayotte) représente 40% des emplois, soit le double de la Métropole.