« La situation de nos comptes demande aujourd'hui un effort ciblé, limité dans le temps et partagé dans une exigence de justice fiscale ». Ces mots de Michel Barnier, dans son discours de politique générale, ont été perçus par certains comme surprenants, du simple fait qu'ils provenaient d'un homme « de droite ». Comme si la justice fiscale était le monopole de la gauche. Une vue de l'esprit qui montre combien le débat public est trop souvent simplifié, clivant, voire hystérisé.
En proposant une contribution différentielle sur les hauts revenus ou un renforcement de la taxation des rachats d'action, le gouvernement a ouvert la voie à trois exigences qui, loin de s'opposer, sont complémentaires : responsabilité budgétaire, efficacité économique, justice fiscale. Notre groupe a d'ailleurs salué ces orientations, tout en soulignant que ce budget pouvait être amélioré. Nous avons travaillé dans cette optique, quand certains, trop nombreux, ne proposaient rien de crédible pour réduire les dépenses, comme si le mur de la dette n'était qu'un mirage. L'absence de majorité à l'Assemblée nationale devrait inviter les uns et les autres à davantage de modestie, de compromis, et de sens des responsabilités. Hélas, notre démocratie parlementaire est loin d'avoir atteint ce niveau de maturité et de responsabilité.