À cette époque, en juillet, plus rien d'autre ne comptait que les exploits de Bernard Hinault sur les routes du Tour de France. J'avais une dizaine d'années. Avec mon père, nous suivions de près les écarts entre « le Blaireau » et ses poursuivants. Nous le soutenions de toutes nos forces, lui, le super crack, mais aussi tous les autres Français, engagés dans de féroces batailles.
Avec passion, ferveur et même dévotion, nous acclamions tous ces héros populaires, courageux, durs au mal. Après l'arrivée, je refaisais la course, dans le sable, avec mes petits cyclistes en fer et les voitures miniatures Norev ou Selza. Cette passion d'été ne m'a jamais quitté, comme elle reste chevillée à l'âme de tous les grands enfants qui forment le peuple de la Grande Boucle.
Chaque année, nous sommes ainsi quelque douze millions à nous rassembler au bord des routes. Nous attendons les coureurs parfois pendant des heures, par tous les temps, pour les voir passer quelques secondes, dans la certitude que les images imprimeront nos rétines pendant de longues années.
Depuis 1930, année de l'instauration des équipes nationales, la caravane publicitaire ajoute son lot d'animations et de cadeaux. Dès les premières années, l'engouement est immense au passage de vedettes comme Yvette Horner, l'accordéoniste, ou de la chanteuse belge Annie Cordy. Tout est gratuit, la course comme les spectacles.
Quand le Tour passe, comme dans toutes les villes de France, on met les petits plats dans les grands.
Par Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et maire de Saint-Amand-les-Eaux.