ENTRETIEN — Amy Pope, dirigeante de l’Organisation internationale pour les migrations, agence liée aux Nations unies, rejette les projets de réinstallation des habitants de l’enclave palestinienne formulés par le gouvernement israélien.
Présente cette semaine au forum international d'Astana (Kazakhstan), où pendant deux jours des leaders du monde entier ont parlé multilatéralisme, Amy Pope, directrice de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), revient sur la situation à Gaza. Elle évoque aussi les défis migratoires auxquels sont confrontés l'Europe et les États-Unis.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Vous étiez cette semaine au Kazakhstan, au début du mois au Kirghizistan. Quelle importance revêt l'Asie centrale pour l'OIM ?
AMY POPE — C'est une région très dynamique en matière de migration. Historiquement, c'était une terre d'émigration, mais avec son développement économique, elle attire désormais de plus en plus de migrants du Bangladesh, d'Inde ou du Pakistan. Ici, les gouvernements considèrent la migration comme un outil de développement et sont de fervents défenseurs du système multilatéral.
C'est notamment le cas du Kazakhstan, où le président Tokaïev lui-même souscrit aux objectifs de développement durable définis par l'ONU. Il est essentiel en ce moment de démontrer publiquement la pertinence et l'importance de cette coopération multilatérale.
Sauf que la tendance est plutôt à l'isolationnisme et au rejet des étrangers. Comment jugez-vous, par exemple, la politique migratoire de la nouvelle administration américaine ?
Cette politique répond avant tout au nombre très élevé de migrants irréguliers arrivés par la frontière mexicaine. Cela a alimenté le sentiment que le gouvernement avait perdu le contrôle de ses frontières. Gérer ses frontières est important. C'est précisément le travail que l'OIM mène avec des partenaires.
Newsletter
La Tribune Dimanche
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.