À Gaza, un cauchemar sans fin
Rami Abou Jamous (correspondant à Gaza) et Garance Le Caisne
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Photo d'illustration
LTD/BASHAR TALEB/AFP
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« Comme une chatte avec ses chatons. » Oum Shadi refuse de se séparer de ses fils et de ses petits-enfants. Depuis mercredi, tous dorment sous trois tentes dans une rue de la ville de Gaza. Plantées sur un bout de trottoir, elles abritent les 29 membres de la famille. Mercredi à l'aube, à plusieurs kilomètres de là, Oum Shadi ne s'est « pas posé de question » après avoir reçu des tractes et un appel de l'armée israélienne à évacuer les ruines où la famille avait installé ses tentes il y a trois semaines.
Après avoir été déplacé de force dans une école de Deir el-Balah, dans le centre de l'enclave palestinienne, tout le monde avait été soulagé de remonter vers leur ville de Beit Hanoun, dans l'extrême nord de l'enclave, non loin de la barrière qui sépare Gaza d'Israël.
Le Hamas et l'État hébreu avaient signé un cessez-le-feu le 19 janvier qui prévoyait trois phases. Lors de la première période, en parallèle de la libération d'otages, les Gazaouis avaient le droit de rentrer chez eux. Les deux immeubles que possédait la famille d'Oum Shadi n'étaient plus que gravats à Beit Hanoun, mais c'était chez eux. C'étaient leurs décombres.
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Alors, quand Israël a violé la trêve dans la nuit du 17 au 18 mars et menacé leur quartier, Oum Shadi a embarqué ses trois fils, ses trois belles-filles et ses 22 petits-enfants dans une charrette et une voiture, direction la ville de Gaza. « Je ferai tout pour protéger mes enfants, explique cette femme de 68 ans. Et s'il faut se déplacer trente-six mille fois, on se déplacera trente-six mille fois. » La grand-mère, veuve, est en fait très en colère : « Pourquoi Israël ne respecte-t-il pas les accords signés ? »
Rami Abou Jamous (correspondant à Gaza) et Garance Le Caisne