BAROMÈTRE EXCLUSIF. Macron reste stable, Bayrou dévisse
Caroline Vigoureux

Le Premier ministre enregistre 20% d’opinions favorables, soit quatre points de moins qu'en avril.
LTD / Dominique Jacovides/Pool/ABACAPRESS via Reuters
Caroline Vigoureux

Le Premier ministre enregistre 20% d’opinions favorables, soit quatre points de moins qu'en avril.
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Les trois heures d'émission d'Emmanuel Macron le 13 mai sur TF1 n'auront pas changé la donne. Le Président enregistre 71% d'opinions défavorables, selon notre sondage Ipsos-Cesi, école d'ingénieurs pour La Tribune Dimanche, soit un point de plus qu'en avril.
En revanche, la longue prestation du chef de l'Etat a solidifié sa base, avec 76% d'opinions favorables au sein du socle commun, soit six points de plus que lors de la précédente enquête. « Il y a un quart des Français qui continue à porter un jugement favorable, ce bloc central est dans la nostalgie du Macron de 2017 réformateur et cassant les codes », souligne Brice Teinturier, directeur général délégué de l'institut.

Pour François Bayrou, auditionné le 14 mai cinq heures trente durant sur l'affaire Bétharram par la commission d'enquête de l'Assemblée nationale, la situation se complique. Le Premier ministre enregistre 20% d'opinions favorables, soit quatre points de moins qu'en avril. « La pente est extrêmement frappante, c'est très rapide et violent, considère Brice Teinturier. Il atteint les records d'impopularité des précédents Premier ministre. »
Il est à 70 % d'opinions défavorables, Elisabeth Borne était en effet à 72% au moment de la réforme des retraites, comme Edouard Philippe au moment de la crise des gilets jaunes. « Il y a un sujet sur l'immobilisme et l'inaction de François Bayrou. A l'évidence, l'affaire Bétharram joue, ne serait-ce que parce qu'il est obligé de se justifier alors que les Français attendent de lui qu'il soit totalement dédié à leurs problèmes », complète le sondeur. Même dans sa famille politique, le socle de soutien est faible, avec seulement 56% d'opinions favorables chez les sympathisants Renaissance-MoDem-Horizons.
Ce désaveu pour le Premier ministre, cinq mois après son arrivée à Matignon, intervient sur fond d'inquiétude généralisée de l'opinion publique. Les difficultés en termes de pouvoir d'achat arrivent en tête des préoccupations de 48% Français. Derrière, c'est l'avenir du système social qui est cité (39%) et le niveau de la délinquance (36%). La dette fait aussi son entrée dans le top cinq des préoccupations des Français.
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L'étude apporte aussi un éclairage sur le duel qui se joue aujourd'hui entre Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez pour prendre la tête des Républicains. Parmi les sympathisants LR-UDI, ils sont 60% à se dire satisfaits si Bruno Retailleau devenait président de la République, soit quatre points de plus qu'en avril quand Laurent Wauquiez ne récolte que 30%.
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« La stratégie d'aller au gouvernement fait toute la différence. Bruno Retailleau est dans l'action quand Laurent Wauquiez donne le sentiment d'être sur le banc de touche », estime Brice Teinturier. Le ministre de l'Intérieur arrive aussi en tête des membres du gouvernement les plus appréciés, avec 38% d'opinions favorables, soit une hausse de cinq points en un mois, devant Gérald Darmanin (34%) et Rachida Dati (17%).

Caroline Vigoureux