« Il faut conclure. » Dimanche, lors d'un bref coup de fil, François Bayrou et François Hollande partagent le même constat, quarante-huit heures avant la déclaration de politique générale du nouveau locataire de Matignon. Ce n'est pas la première fois que les deux hommes s'appellent. Pendant les vacances de Noël, ils ont déjà discuté pour préparer la rentrée qui s'annonce si précaire pour un gouvernement pouvant chuter à tout moment. « Si tu veux un accord de non-censure, il faut que tu donnes des choses », indique au successeur de Michel Barnier l'ancien président socialiste.
Si celui qui est redevenu en juillet député PS de Corrèze est ainsi à la manœuvre, c'est qu'il veut ôter à Marine Le Pen le droit de vie ou de mort sur chaque Premier ministre. Dès le début, son interlocuteur s'est montré réceptif. Depuis son installation Rue de Varenne, il s'est fixé comme objectif de trouver un deal avec le parti à la rose afin de gagner un peu d'espérance de vie.
Lundi soir, c'est encore le nom de l'ex-président qui s'affiche sur le téléphone du chef du gouvernement. François Hollande a une proposition à lui faire : donner trois mois aux partenaires sociaux pour s'accorder sur une nouvelle réforme des retraites. Patrick Kanner, chef de file des sénateurs PS, lui a demandé d'appuyer verbalement cette exigence émise dans le même temps par Olivier Faure en direction du Premier ministre. Au téléphone, François Bayrou y souscrit. « Je vais ouvrir la négociation pour trois mois dans le respect des équilibres financiers », précise-t-il. Le lendemain à l'Assemblée nationale, il l'officialise lors de sa déclaration de politique générale.