Un bloc se situant autour de 28 % de Français soutient toujours Emmanuel Macron. Il est assez stable, même si le président a connu un vrai creux au moment de la dissolution, puis de la sidération provoquée par l'ampleur des déficits publics. Les Français, y compris au sein de son propre camp, l'ont alors très profondément rejeté. La situation internationale lui a permis de retrouver de l'espace. Très inquiets, les macronistes ont été satisfaits de retrouver un chef de l'État capable de faire face à Donald Trump et à Vladimir Poutine. Le contexte mondial lui a donc bénéficié, comme lors de la présidentielle de 2022.
Mardi 12 mai, une de ses priorités sera de parler à ce socle. Même si celui-ci peut être critique au sujet du président, lui reprochant son arrogance ou son enfermement, il existe une nostalgie du Macron des débuts, celui qui avait de l'audace, proposait des solutions originales au-delà du clivage droite-gauche et n'hésitait pas à franchir tous les ponts d'Arcole.
Le Macron d'alors les bluffait un peu, leur donnant le sentiment que le pays était en mouvement. Mais lors de son émission, le chef de l'État devra aller au-delà de ce bloc. À deux ans de la fin de son mandat, l'enjeu pour lui est de laisser une trace positive, y compris sur son action économique. À droite et au sein de la sensibilité sociale-démocrate, il y a des éléments de son bilan qui peuvent être audibles.