À trois jours de l'ouverture du conclave au Vatican, Giorgia Meloni, soutenue par la presse italienne, accuse Emmanuel Macron d’ingérences sur le choix du nouveau pape, après que celui-ci se soit entretenu avec plusieurs cardinaux en marge des discussions de cette semaine.« Macron veut même choisir le pape », annonce en une le 29 avril le journal milanais La Verità. Le même jour, un autre quotidien de droite, Libero, titre : « Macron s'incruste même dans le conclave » et va jusqu'à écrire que « le président français ambitionne d'entrer par la fenêtre dans la chapelle Sixtine » ! Le journal conservateur romain Il Tempo n'est pas en reste, qui raille « l'interventionnisme digne d'un Roi-Soleil moderne ».
À trois jours de l'ouverture du conclave, sur fond de méfiance réciproque entre le président français et la cheffe du gouvernement italien d'extrême droite, Giorgia Meloni, les rumeurs vont bon train... Ainsi, la presse conservatrice italienne accuse ouvertement Emmanuel Macron de manœuvrer pour faire élire celui que Libero présente comme son « cardinal favori » : Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille et proche de François.
Le déjeuner de la discorde
À l'origine des soupçons, le déjeuner organisé à la villa Bonaparte, siège de l'ambassade de France près du Saint-Siège, le 26 avril après les funérailles du pape argentin. Autour du président de la République se sont retrouvés quatre des cinq cardinaux français qui participeront au conclave : Jean-Marc Aveline, François Bustillo, évêque d'Ajaccio, Christophe Pierre, nonce apostolique aux États-Unis, et Philippe Barbarin, archevêque émérite de Lyon.
Il n'en fallait pas plus pour instruire le procès en ingérence du chef de l'État. Des allégations que le cardinal Bustillo a démenties sur KTO vendredi : « Le président Macron n'a pas dit aux cardinaux français ce qu'ils doivent faire. Nous sommes libres et responsables. »
Philippe d’Indevillers et Bruno Jeudy