C'est un « moment compliqué » auquel s'attendent les députés de la droite et du centre. Jeudi 26 juin à l'Assemblée nationale, l'initiative des débats reviendra au plus modeste des sept groupes d'opposition : l'Union des droites pour la République (UDR), née il y a un an de l'alliance d'Éric Ciotti et du Rassemblement national. Lors de cette niche parlementaire, le député niçois et ses partisans espèrent faire émerger un consensus autour de certaines propositions phares. De quoi confronter les élus macronistes et LR à un dilemme entre soutien au principe de plusieurs textes et hésitation à mêler leurs voix à celles de l'extrême droite.
Au premier rang des crispations, une proposition de loi visant à supprimer l'exécution provisoire des peines d'inéligibilité. Le texte résonne avec la condamnation fin mars de Marine Le Pen à cinq ans d'exclusion des joutes électorales dans l'affaire des assistants parlementaires européens du FN. La députée du Pas-de-Calais a fait appel, mais sa participation à la présidentielle 2027 reste en suspens. « Il faut retirer aux juges de gauche cette arme antidémocratique », s'était indigné Éric Ciotti dans la foulée du verdict.
Dans le camp présidentiel, la question de l'exécution provisoire fait débat. Après la condamnation de Marine Le Pen, le Premier ministre, François Bayrou, avait considéré qu'une « réflexion » était nécessaire sur ce sujet. Malgré cela, les députés Renaissance devraient se ranger derrière la position de leur président de groupe, Gabriel Attal. Ce dernier s'était vivement opposé début avril au camp nationaliste. Et si certains adhèrent à la position de François Bayrou, le texte équivaut tout de même à une « quasi-amnistie personnelle » pour Marine Le Pen, grince-t-on du côté du MoDem.