LA TRIBUNE DIMANCHE — Quels enseignements tirez-vous de vos échanges avec les acteurs économiques de la Corse ?
FRANÇOIS REBSAMEN — Leur action énergique au profit du développement et les particularités que les uns et les autres ont mises en avant : un tissu économique composé quasi exclusivement de très petites entreprises, ce qui ne facilite pas toujours le dialogue social, les surcoûts générés par l'insularité qui créent un différentiel important avec les entreprises du Continent, la saisonnalité de l'activité, dont celle du tourisme qui pèse 38 % du PIB. Ils se plaignent de la non-éligibilité du crédit d'impôt investissement Corse à la rénovation des établissements hôteliers et de la longueur des délais pour recevoir les aides de l'État. Les échanges ont été à la fois instructifs et constructifs.
Vous disposez des leviers nécessaires pour améliorer la situation ?
En tout cas, j'ai promis de regarder tout ça de près en rentrant au ministère car beaucoup de choses entendues me paraissent frappées au coin du bon sens.
En réalité, la création d'une fiscalité spécifique apporterait des solutions mais cela passe par le statut d'autonomie. C'est aussi votre conviction ?
Oui. Je l'ai dit en arrivant et c'est plus vrai encore après trois jours de visite : il y a une nécessité à arriver au bout du processus, car je me rends compte que tant qu'il n'a pas abouti, il provoque un effet bloquant sur l'activité. Tout le monde s'interroge sur le calendrier, sur ce que permettra ou pas l'autonomie, est-ce qu'il y aura un pouvoir normatif, son périmètre, etc. Il faut vraiment que la question d'autonomie soit derrière nous et que la Corse avance !
Pouvez-vous confirmer que le particularisme de la Corse sera gravé dans le marbre de la Constitution avant la fin de l'année ?
Propos recueillis par Jean-Marc Raffaelli