Après vingt ans de coupes budgétaires sévères (1997-2017), la hausse régulière du budget de la défense décidée par Emmanuel Macron depuis son arrivée à l'Élysée en 2017 n'a pas permis aux armées de réparer complètement un outil opérationnel fortement dégradé. Si la France a su garder un modèle d'armée complet, ses forces militaires sont au fil du temps devenues très échantillonnaires et dimensionnées pour des opérations extérieures de type corps expéditionnaire. Ni plus ni moins. Très clairement, elle est devenue une armée « bonsaï » incapable de mener seule une guerre de haute intensité dans la durée. Et elle l'est toujours.
Elle a toutefois gardé une expertise redoutable au combat, reconnue à l'international, y compris par les États-Unis. Elle conçoit également des armes technologiques made in France performantes mais en très petite quantité. Par exemple, pour sa défense aérienne, l'armée française ne dispose que de huit systèmes sol-air moyenne portée/terrestre (SAMP/T) opérationnels, le rival du Patriot. Trop peu pour protéger l'ensemble des sites critiques en France et des troupes stationnées dans des opérations extérieures. C'est le cas également pour les avions de combat (Rafale), les chars (Leclerc) et les frégates de premier rang... Les formats capacitaires des armées ne sont plus adaptés à ce nouveau monde où les missions se multiplient et surtout se durcissent.