Philippe Schleiter en avait visiblement gros sur le cœur ce soir-là. Le 4 février, le directeur de cabinet de Marion Maréchal est pourtant détendu. Il sirote un verre avec des amis dans un bar corse du 5e arrondissement de Paris. Sa cheffe, elle, a préféré rentrer. La nièce de Marine Le Pen a dîné au Bel Canto avec les autres parlementaires siglés IDL, pour Identité-Libertés, son microparti allié au Rassemblement national. Il se réunit pour une série de colloques au nom des Conservateurs et réformistes (ECR), son groupe de rattachement au Parlement européen. Il y a là Nicolas Bay, Guillaume Peltier, Laurence Trochu... Tous ont fait campagne pour Zemmour en 2022. Tous ont bruyamment claqué la porte de Reconquête en 2024 pour nouer une association ambivalente avec le RN.
Cet épisode pathétique a beau remonter à huit mois, quelqu'un est venu le rappeler à Philippe Schleiter. Le neveu du négationniste Robert Faurisson a choisi le même bistrot que Bahia-Carla, influenceuse identitaire et étoile filante des médias Bolloré. Tout ce petit monde se connaît. La vingtenaire est une groupie de Sarah Knafo, compagne d'Éric Zemmour et unique eurodéputée Reconquête. D'où cette cartouche à Schleiter : « Vous êtes des traîtres, toi et ta clique. » L'alcool aidant, le ton monte. « Toi, ce que tu n'as pas compris, c'est que tu ne travailles pas avec Sarah Knafo ; on ne peut que travailler pour Sarah Knafo, lui assène Philippe Schleiter. Elle a tout pris à Zemmour : ses amis, son parti, ses idées ! »