La candidature de Michel Barnier à la législative partielle prévue dans la 2e circonscription de Paris à cheval sur l’arrondissement dont Rachida Dati est la maire, a déclenché une tempête politique.Sait-il vraiment dans quoi il s'est embarqué ? Il n'est nullement question ici de la péniche privatisée où, dans le 5e arrondissement de Paris, Michel Barnier s'est rendu mercredi 16 juillet. C'est un jeune soutien de sa campagne des primaires de la droite en 2021, Victor Bonnin, suppléant aux dernières législatives du ciottiste Gilles Bourdouleix, qui l'a invité il y a des semaines.
« J'ai le calme des vieilles troupes », répète l'ancien Premier ministre aux convives qui l'interpellent. La veille, il a officialisé un choix décisif : briguer le mandat de député de la 2e circonscription de la capitale. Son précédent titulaire, Jean Laussucq, a vu sa victoire de 2024 invalidée par le Conseil constitutionnel en raison d'irrégularités de financement de sa campagne. L'élection partielle doit se tenir avant mi-octobre.
Il n'en a pas fallu davantage pour déclencher un incendie politique. Ce fief les attire. Il a été celui de Jean Tiberi, d'un autre ex-chef de gouvernement, François Fillon, puis d'une âme damnée du macronisme, Gilles Le Gendre, et a broyé les destins parlementaires de Nathalie Kosciusko-Morizet et d'Henri Guaino. Son territoire couvre le 5e, le 6e et une partie du 7e arrondissement. Celui-là même dont la maire est Rachida Dati, qui visera, elle, l'hôtel de ville de Paris aux municipales de 2026.
Jean Laussucq est l'un de ses plus proches lieutenants. Il avait comme suppléant Antoine Lesieur, fidèle conseiller de Gabriel Attal. Et c'est dans le groupe de ce dernier que siégeait l'élu datiste avant d'être éjecté. De quoi esquisser le socle, en mars prochain, de la ministre de la Culture, qui a repris sa carte aux Républicains après avoir milité pour la liste Renaissance aux européennes de 2024.