L'édito de Bruno Jeudy. Que reste-t-il de nos JO ?
Par Bruno Jeudy, directeur délégué de la rédaction

Cette semaine Bruno Jeudy évoque le budget et la «JO-stalgie».
LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI
Par Bruno Jeudy, directeur délégué de la rédaction

Cette semaine Bruno Jeudy évoque le budget et la «JO-stalgie».
LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI
En repensant à la quinzaine olympique de Paris, on serait tenté de fredonner la chanson de Trenet : « Que reste-t-il de ces beaux jours ? [...] Que reste-t-il
de tout cela, dites-le moi. » Même si la nostalgie ou plutôt la « JO-stalgie » n'habite pas vraiment le cœur des Français, il n'empêche que le formidable été olympique 2024 suscite bien des regrets. Sans doute eussent-ils préféré que l'enchantement ne soit pas enfermé dans une parenthèse et se prolonge par des points de suspension.
Sans transition ou presque, la France est retombée dans ses difficultés de gouvernance politique. Certes « le sport peut créer de l'espoir là où autrefois il n'y avait que du désespoir », comme l'affirmait Nelson Mandela. Mais cet espoir ne résiste pas au temps et aux problèmes structurels. Si l'on parle encore de record en juillet 2025, c'est pour évoquer la dette de la France qui atteint des sommets... bien moins enviables que ceux conquis par le perchiste Armand Duplantis !
Cinq mille euros par seconde, pour reprendre le constat frappant et alarmiste de François Bayrou. La dette et le recours à l'emprunt ont été les pratiques favorites de notre pays depuis cinquante ans : en cédant à cette facilité pour financer notre modèle social, notre système de retraite et la montagne d'aides aux entreprises, il ressemble à ces athlètes dilettantes qui ont oublié les vertus de la rigueur et de l'effort au quotidien.
Des décennies de laisser-aller économique font que tous les budgets, à l'exception de celui de la Défense, sont revus à la baisse. Si l'objectif global est indiscutable, on peut parler d'une baisse démesurée à propos de celui des Sports avec -17,6 %. La plus forte de tous les ministères (-8 % pour l'Économie, -6 % pour les Outre-Mers, -5 % pour la Culture)... Cette saignée du budget des Sports par le Premier ministre a suscité les protestations d'Amélie Oudéa-Castéra, nouvelle présidente du Comité national olympique et sportif français (CNOSF). Cette indignation de l'ancienne ministre des Sports qui a pu constater les retombées positives - sociales et économiques notamment - est pleinement justifiée.
En diminuant fortement les crédits alloués au monde du sport, le gouvernement renie l'engagement d'Emmanuel Macron de bâtir une « nation sportive ». Le legs de Paris 2024 est donc dilapidé sur l'autel de la restauration des finances publiques. C'est une situation d'autant plus absurde que l'actuelle ministre des Sports, Marie Barsacq, était chargée au sein du comité d'organisation des JO de leur impact et de leur... héritage !
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Bien que l'avenir soit souvent la trahison des promesses, on ne peut que déplorer un manque de clairvoyance dans ce choix de faire du budget des Sports une variable d'ajustement. C'est oublier que le sport contribue à entretenir la flamme morale d'un pays. Qu'il permet à une jeunesse défavorisée de s'épanouir et de s'intégrer, sans parler de l'impact sur la santé des enfants. La réduction des sommes consacrées à la bonne politique du pass Sport (une aide de 70 euros pour payer une licence de sport) révèle une méconnaissance de son utilité publique. Décidément, toute médaille a son revers, surtout olympique !
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