« Les dérives radicales répondent à un sentiment de perte de contrôle » (Gérald Bronner, sociologue)
Nicolas Prissette
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Gérald Bronner, sociologue.
© Jean-Francois Paga/opale.photo
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Gérald Bronner, sociologue.
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Le Sénat examinera mardi un projet de loi sur les dérives sectaires porté par Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, et Sabrina Agresti-Roubache, secrétaire d'État à la Citoyenneté. Le texte crée notamment un délit de sujétion psychologique ou physique, pour mieux réprimer les gourous. Plus grand expert français des manipulations, des croyances et des pensées radicales, le sociologue Gérald Bronner analyse leur diffusion, qui s'étend, et leurs conséquences politiques.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Cette loi va définir l'emprise psychologique. Est-ce une avancée importante pour les victimes des sectes ?
GÉRARD BRONNER - Oui. On peut tomber sous le joug d'une personnalité malfaisante alors qu'on est tout à fait sain de corps et d'esprit, sans problème psychiatrique. Jusqu'ici, la législation protégeait surtout contre l'abus de faiblesse. La future loi permettra donc de répondre à des cas très fréquents de dérives sectaires. J'apporte toutefois une nuance, en amoureux de la liberté. Toute forme de séduction est fondée sur une forme d'asymétrie psychologique entre deux personnes : on admire quelqu'un, on le désire... Il ne faut pas donner à l'emprise une définition trop large, sinon de nombreuses relations sociales vont tomber sous le coup de la loi !
Les gourous sont aujourd'hui nombreux dans le domaine de la santé ou du bien-être. Par exemple, la secte dite de « yoga tantrique » vient d'être démantelée. Que se passe-t-il ?
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Les sectes ont un problème général, elles constituent une offre qui doit chercher sa demande. Internet a fluidifié ce « marché » de la croyance et de l'emprise. On voit ainsi que les propositions radicales aimantent sur Internet des personnes qui ont des problèmes de santé graves et insolubles, mais aussi d'autres qui présentent des symptômes mineurs tels l'insomnie ou les maux de tête. Les gens qui en souffrent ne trouvent pas toujours de réponse dans la médecine. Ils sont des proies pour les pseudo-thérapies. Les gourous leur proposent un récit.
Nicolas Prissette