EN IMAGES. La vie secrète de Klaus Barbie en Bolivie
Maurin Picard, correspondant aux États-Unis

Klaus Barbie lors d'une virée en bateau sur le lac Titicaca.
LTD/Hoover Institution Library & Archives
Maurin Picard, correspondant aux États-Unis

Klaus Barbie lors d'une virée en bateau sur le lac Titicaca.
LTD/Hoover Institution Library & Archives
« C'est la plus grande découverte sur Klaus Barbie depuis son procès en 1987 », selon l'historienne Bénédicte Vergez-Chaignon, spécialiste de la Seconde Guerre mondiale et l'Occupation. La Tribune Dimanche, avec sept autres médias internationaux (T-Online, Spiegel et Stern en Allemagne, Israel Hayom, en Israël, la chaîne NPO2 aux Pays-Bas, The Times of London au Royaume-Uni, et le Wall Street Journal, aux États-Unis), a eu accès en avant-première à la collection Gerd Heidemann. Une somme considérable de documents écrits ou sonores réunis pendant des années par cet ancien journaliste allemand, récemment décédé.
Ces archives sont désormais la propriété de l'université de Stanford en Californie qui les rend publiques ce vendredi. Quatorze heures d'entretien vont particulièrement intéresser les Français. En 1979, Gerd Heidemann, se faisant passer pour un mémorialiste, avait interrogé Klaus Barbie, l'ancien chef de la Gestapo de Lyon alors en exil en Bolivie. Six jours d'interview durant lesquels le « boucher de Lyon » raconte ses faits de guerre, sa foi national-socialiste intacte et son admiration, réelle ou feinte, pour le seul adversaire qu'il semblait respecter, Jean Moulin.

Les retrouvailles sont chaleureuses, ce 14 août 1979, à l'aéroport de La Paz, entre Karl Wolff (à gauche) et Klaus Barbie (à droite). Le premier, chevelure blanche et costume défraîchi par un long périple, est un ancien officier nazi de 79 ans, qui fut chef d'état-major personnel du Reichsführer-SS Heinrich Himmler. Le second, venu à sa rencontre, lui donne du « Obergruppenführer » en signe de respect.

Klaus Barbie séjourne en Argentine, au Pérou, avant de s'installer en Bolivie en 1964. Il sera localisé en 1971 par les « chasseurs de nazis » Beate et Serge Klarsfeld, confondu par le journaliste français Ladislas de Hoyos l'année suivante mais protégé d'une extradition vers la France par la Cour suprême bolivienne en 1973.

Lors de conversations à bâtons rompus dans une chambre d'hôtel, dans la rue, au restaurant, dans la Coccinelle Volkswagen de Barbie, sur les rives du lac Titicaca, Gerd Heidemann se retrouve six jours durant plongé dans l'intimité d'un exilé nazi. Sur cette images, une séance de leurs échanges, où Gerd Heidemann enregistre Barbie.
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Klaus Barbie dans un cimetière allemand à La Paz.

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Le « boucher de Lyon », ici dans un restaurant de La Paz, sera finalement extradé quatre ans plus tard vers la France, jugé coupable le 4 juillet 1987 de crimes contre l'humanité et condamné par la Cour d'assises de Lyon à la réclusion à perpétuité.
Maurin Picard, correspondant aux États-Unis