Le compte à rebours est enclenché. Dans deux mois, les élèves de terminale générale plancheront sur la traditionnelle épreuve de philosophie, leur épreuve de spécialité et le grand oral. Pour beaucoup d'entre eux, le plus gros est toutefois derrière eux : mercredi, ils ont validé leurs vœux Parcoursup. Avec dans leur dossier toutes leurs notes de contrôle continu depuis la première et qui comptent pour 40 % du baccalauréat depuis la réforme Blanquer.
« Le vrai enjeu pour les lycéens et leur famille, c'est Parcoursup », confirme Vincent, qui enseigne l'histoire-géographie dans un établissement du 16e arrondissement de Paris. Les admissions dans le supérieur tombent avant les résultats du bac et les épreuves de juin sont trop tardives pour être prises en compte par la plateforme. En conséquence, le contrôle continu représente une forte partie de l'enjeu.
« Alors qu'il devait permettre de diluer les échéances sur deux ans, le contrôle continu a eu pour effet de générer beaucoup de stress chez les élèves », admet Pierre Mathiot, ancien directeur de Sciences-Po Lille et concepteur de la réforme aux côtés de l'ancien ministre de l'Éducation nationale. Lors de son mandat, Jean-Michel Blanquer avait mis en place un plan d'évaluation d'établissement qui visait à éviter toute augmentation artificielle des notes. « Or, quelques années plus tard, force est de constater qu'il n'y a aucune transparence sur les modalités d'évaluation en contrôle continu », reconnaît Pierre Mathiot. Faute de confiance suffisante dans les notes, certains établissements de l'enseignement supérieur, comme Sciences-Po, ont donc choisi de revoir leur mode de recrutement.