Emmanuel Macron a fait de sa réforme du lycée professionnel l'un de ses combats prioritaires. Un chantier titanesque, qui va notamment s'appuyer sur l'aide des associations et des entreprises. Des initiatives montrent déjà de premiers résultats encourageants. Mais le projet du gouvernement ne plaît pas aux syndicats qui appellent à la grève le 12 décembre.Chaque année, en France, environ 80.000 jeunes sortent du système scolaire sans aucune qualification, faisant croître le chômage des moins de 25 ans qui est bien plus élevé que le reste de la population (17,1% contre 7,4% en 2022). Ce fléau, Emmanuel Macron, entend le faire reculer en allant chercher les causes, dès l'école. « Deux tiers des décrocheurs sont en lycée professionnel (...) ce n'est pas acceptable », affirmait le chef de l'Etat lors de son déplacement dans un lycée professionnel à Orange le 1er septembre.
A la clé, c'est une nouvelle réforme du lycée professionnel dont la pierre angulaire est de mettre en relation les élèves et les entreprises, et ce, dès l'année scolaire 2023-2024. Pour le chef de l'Etat, il faut rebattre
« toutes les cartes pour atteindre 100 % d'insertion et 0 % de décrochage ».
«Parmi les 12 mesures proposées dans la réforme, nous allons par exemple mettre en place des cours optionnels très variés pour coller aux intérêts des élèves et du mentorat réalisé par des professionnels», explique l'entourage de la ministre déléguée chargée de l'enseignement professionnel Carole Grosjean.
Des formations pour inclure les entreprises
Pour ce faire, le gouvernement compte notamment sur l'aide d'associations. Ainsi, après avoir obtenu l'aval du ministère, le collectif Une voie pour tous, qui lutte contre les inégalités d'accès au travail, a, par exemple, créé et mis en place un programme pilote auprès de trois établissements volontaires pour donner un avant-goût du monde professionnel aux élèves, durant l'année scolaire 2023-2024.
Dans le détail, une centaine d'élèves de lycées professionnels vont suivre 4 modules de 100 heures réparties sur l'année s'appuyant sur des cours, réalisés par des intervenants du monde professionnel et associatifs, et portant sur «
des connaissances différentes de celles apprises à l'école comme la gestion financière, la prise parole en public, l'initiation au monde professionnel ou encore le développement de compétences humaines et sociales », détaille Dylan Ayissi, le président de l'association. Un travail réalisé en partenariat avec
l'Institut de l'entreprise qui mobilise son réseau de professionnels pour assurer les interventions dans les lycées.
En plus de ces modules théoriques, l'association va mettre en place des ateliers de création de projets en autonomie appelés « chefs d'œuvres ». «
Les élèves en difficulté ont des compétences qui ne se manifestent généralement pas dans les cours académiques mais qu'ils vont pouvoir montrer pendant la réalisation de ces projets », ajoute Dylan Ayissi.