De Simone de Beauvoir à Gisèle Pelicot, les femmes debout
Par Pauline Delassus
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Depuis deux semaines, les Français suivent, horrifiés, le procès de Dominique Pelicot, accusé d'avoir drogué son épouse pour qu'elle soit violée par des hommes, 72 au total. On est à la fois choqué, ému et admiratif devant la figure si digne de Gisèle Pelicot, la force de ses mots, le courage qu'elle a à paraître chaque jour devant les caméras. « Je suis comme un boxeur qui tombe et se relève », a-t-elle dit à la barre, tête haute, à quelques mètres de ses violeurs. L'horreur de son témoignage, la cruauté des détails révélés par les enquêteurs, la bêtise insupportablement machiste des accusés stupéfient. Tant d'hommes, tant de violence sous un même toit, dans un seul foyer... C'est une école du féminisme que de lire les audiences relatées dans la presse ou en direct sur les réseaux sociaux, c'est une formation à l'indignation, un apprentissage en militantisme.
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En 1949, Simone de Beauvoir écrivait sur la femme : « On la traite comme une poupée vivante et on lui refuse la liberté. » L'autrice du Deuxième Sexe auquel le nom de cette nouvelle chronique est un clin d'œil et un hommage - expliquait comment la femme a été réduite par les hommes à être avant tout un sexe. La philosophe appelait ses lectrices à réagir et à « devenir », pour échapper à leur destin et entrer dans l'Histoire. Sur l'amour, Beauvoir exigeait « une relation de sujet à sujet, de personne à personne et non pas une espèce d'esclavage ». C'était il y a soixante-quinze ans.
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