Football : ce qui pousse les milliardaires français à investir enfin
Solen Cherrier
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En novembre 2024, la famille Arnault (ici Antoine Arnault, à gauche) rachetait le Paris FC. Début mai 2025, c'était à Xavier Niel (à droite) d'officialiser qu'il devenait actionnaire majoritaire de Créteil.
Les grandes fortunes ont longtemps boudé le foot. Mais les récents achats du Paris FC et de Créteil, respectivement par la famille Arnault et Xavier Niel, marquent un tournant.
Le mouvement est contre-intuitif. Alors que le football professionnel français cherche à sortir la tête de l'eau avec un projet de chaîne TV inédit mais périlleux et une refonte profonde de son organisation, présentée cette semaine par le président de la Fédération, Philippe Diallo, jamais les grandes fortunes nationales ne se sont autant investies dans le sport numéro un.
En novembre dernier, la famille Arnault rachetait le Paris FC via sa holding Agache. Nouvelle surprise, il y a trois semaines, quand Xavier Niel a officialisé qu'il devenait actionnaire majoritaire de Créteil.
Avec François Pinault, qui a repris le Stade rennais en 1998, ce sont trois membres du top 10 tricolore du classement Forbes qui ont un pied dans un secteur où nos milliardaires évitaient historiquement de s'aventurer.
« Avant, ces grandes fortunes investissaient plutôt dans le rugby, note l'économiste Christophe Lepetit du Centre de droit et d'économie du sport de Limoges. Contrairement à l'Allemagne, par exemple, il y avait plutôt une frilosité. Y compris dans le sponsoring. » On note d'ailleurs qu'aucune entreprise du CAC 40 ne s'affiche en grand sur un maillot de Ligue 1.
Stade contre OPA
L'image et les salaires du foot ont longtemps eu un effet répulsif. Mais la donne est en train de changer car le paradigme aussi. « Le côté populaire du foot devient positif à partir du moment où c'est une passion, ou lié à un ancrage local », émet l'homme d'affaires Christophe Chenut, qui a été président de Reims, actionnaire d'Évian Thonon-Gaillard, administrateur du PSG, de Rennes et désormais de Lille.
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« Déjà, prolonge-t‑il, ça génère des émotions hors norme : celles vécues au stade seront toujours supérieures à celles d'une OPA. Ensuite, le foot est un axe de communication mondial. Enfin, le regard sur ces grandes familles, souvent critiquées, évolue dans la mesure où elles reversent une partie de leur richesse pour leur passion. »